LES NOTES DE CLËMENT DE FAUQUEMBERGUE, GREFFIER DU PARLEMENT
d^Angleterre pour Rouen, de Bedford et de son armée pour la Drie. — 20 août : L'éréque de Thérouanne réunit les curés de Paris, les supérieurs des ordres religieux. — Il leur fait prêter le serment de fidélité au traité de Troyes, iv\ que l'avaient prêté les boui^eois au duc de Bedford et au duc de Bourgogne. — Il nomme des délégués pour le faire prêter par chaque religieux. — Le parlement vaque. — Ordre de consigner les dépôts. — Emprunt. —8 septembre : Assaut contre Paris. — Terreur des Parisiens. — Les assaillants comptent sur un soulèvement qui n'a pas lieu. — Entente entre les habitants et les hommes d armes. — Blessure de la Pucellc. — Impossibilité de prendre Paris. — Bruit semé que Charles veut y faire passer la charrue.
11. — 25 mai 1430 : L'on apprend par Jean de Luxembourg l'issue de la sortie de (iOmpiègne, la prise de la Pucelle. — 30 mai 1431 : Supplice de la Pucelle. — Mots écrits sur sa mitre; sur un tableau. — Le juge et ses assesseurs.
Mardi x* jour de mai, il fut rapporté et dit publiquement à Paris, que dimanche dernier passé, les gens du Dauphin en grand nombre, après plusieurs assauts continuellement entretenus par force d'armes, étaient entrés dans la bastide que tenaient de par le roi, Guillaume Glasdal et les autres capitaines et gens d'armes anglais, avec la tour de l'issue du pont d^Orléans par delà la Loire; et que ce jour les autres capitaines et gens d'armes tenant le siège et les bastides, par deçà la Loire, devant la ville d'Orléans, s'étaient partis d'icelles bastides, et avaient levé leur siège pour aller conforter ledit Glasdal et ses compagnons, et pour combattre les ennemis qui avaient en leur compagnie une Pucelle, seule ayant bannière entre les ennemis, ainsi qu'on le disait. Quis eventus fuerit, , nomt bellorum dux etprinceps potentissimiis in prœlio^.
Mardi xiv* jour de ce mois (de juin), les gens d'armes du Dauphin, après plusieurs assauts continuels et entretenus depuis le samedi précédent, recouvrèrent et prirent par force d'armes la ville de Jargeausur-Loire, où s'étaient retirés en garde et garnison le comte de Suffolk et autres gens de guerre anglais. Ils furent pris par assaut, à la volonté {discrétion) des ennemis qui avaient en leur compagnie une Pucelle portant bannière, ainsi que l'on disait ; laquelle avait été présente à faire lever [partir) les gens d'armes étant es bastides devant Orléans*.
1. L'on ne connaissait pas encore à Paris toute 1 étendue de la défaite, et Ion supposait à tort que les défenseurs des bastilles de la rive droite avaient quitté leurs positions pour soutenir Glasdal. D'après le texte latin, c était un bruit auquel Fauquembergue n'ajoutait pas entièrement foi, puisqu'il s'en rapporte à ce qu'en savait le dieu des batailles. Une note postérieure ajoutée par le greffier renvoie au 25 mai de Tannée suivante, où se trouve relatée la prise de Jeanne à Compiègne (?).
2. Fauquembergue écrit tantôt « Orléans », tantôt « Orliens >», ce qui réfute l'assertion de Tabbé Dubois affirmant qu'en 1429, on n'écrivait qu'u Orliens ».
Ce jour (xviii* de juin) Messire Jean Fastolf, le sire de Scales, Messire Thomas de Rampston et autres capitaines, gens d^armes et archers anglais, qui s'étaient assemblés pour conduire des vivres et porter secours au sire de Talbot, d'autres capitaines et gens d'armes anglais qui naguère étaient en la garde et garnison des villes et forteresses de Meung et de Baugency-sur-Loire, furent rencontrés aux ehamps entre Meung et Baugency, et par attaque ^ furent déconfits par les ennemis, qui étaient presque en pareil nombre. En la compagnie desquels ennemis était la Pucelle qui avait été avec eux le x* jour de mai, à lever le siège devant Orléans, et le xiii® jour de ce mois à la prise et recouvrance de Jaigeau par lesdits ennemis. Dans la rencontre ci-dessus dite, entre autres prisonniers, iceux ennemis prirent ledit Talbot, Rampston etdeScales, à ce que Ton disait. Et ledit Fastolf se retira et retourna vers le duc de Bedford alors à Corbeil. Et hic subciibuerunt Anglici absque defensione^ ut fertur (et là les Anglais, à ce que Ton rapporte, furent vaincus sans tenter de se défendre).
Ce jour {x\x juillet) fut dit publiquement à Paris comme nouvelles que Messire Charles de Valois, dimanche dernier passé, xvn* jour de ce mois, avait été sacré en Féglise de Reims, en la manière que son père et les autres rois de France ont été sacrés par ci-devant.
Lundi xxv* jour de juillet, le cardinal à'^x^iev [Winchester)^ qui avait nouvellement passé la mer avec grand nombre de gens d'armes et archers d'Angleterre, au nombre de cinq mille ou environ, dans Tintention d'aller combattre les Bohémiens {Ips hussites) et autres hérétiques, vint et entra à Paris avec le duc de Bedford son neveu, régent, accompagnés desdits gens d'armes et archers et d'autres. Ils y attendaient la venue, aide ou assistance du duc de Bourgogne, qui avait fait et faisait grand mandement de gens d'armes {parmi) ses sujets et ses alliés, en intention de résister et combattre Messire Charles de Valois et ses gens d'armes qui naguère avaient été reçus à Troyes, à Châlons, à Reims, à Laon et en plusieurs autres villes de ce. royaume, naguère à lui (C^«r/^5) désobéissantes, ainsi qu'on le disait. De intentione judicet Deus (que Dieu juge rintention de ces villes). ,
Ce jour (m* d'août), le cardinal d'Exeter partit de Paris, accompagné seulement de ses familiers et domestiques pour aller et demeurer à Rouen. Il laissa à Paris grand nombre des gens d'armes et d'hommes de trait qu'il avait naguère amenés dans cette ville. La Shdemain ils partirent avec le duc de Bedford, neveu du même cardinal, régent, afin de raccompagner et combattre les ennemis qui étaient au pays de Brie et aux