‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 220 sur 327 · D'APRES LE DUC DE BOURGOGNE ET SES HOMMES DE COUR · texte numérisé non relu

D'APRES LE DUC DE BOURGOGNE ET SES HOMMES DE COUR

Sourgogne se hâta de porter au loin la nouvelle de ta prise Tant d'empressement marquait le prix qu'elle attachait à

le ne se serait pas plus hâtée si la ville assiégée, et si

•nvoitée était tombée en son pouvoir.

lai, la nouvelle était connue à Paris ; Jean de Luxemboui^

an courrier à son frère, l'évèque de Thérouanne, chancelier

ur l'Angleterre, réjouir les Parisiens par l'annonce de

nement.

mOme,le duc de Boui^ogDe le mandait aux habitants de par une lettre dont cette ville possède l'original et la

latioaale plusieurs copies. La voici très légèrement moder-

duc de Bourgogne, comte de Flandre, d'Artois, de Picardie

r. Très chers et bien-aimés, sachant que vous désirez

nouvelles, nous vous signifions que cejourd'hui xxiii* de

iix heures après midi, les adversaires de Monseigneur le roi

et les nôtres qui s'étaient mis ensemble en très grosse

ince et noutés en la ville de Compiègne, devant laquelle nous et les

le notre armée sommes logés, sont saillis de ladite ville à puissance

logis de notre avant-garde le plus prochain d'eux ; à laquelle saillie

^elle qu'ils appellent la Pucelle, avec plusieurs de leurs principaux

lines. A l'encontre desquels, beau cousin, Messire Jean de Luxem-

qui y était présent, et autres de nos gens, et quelques-uns des gens

juseigneur le roi qu'il avait envoyés par devers nous pour passer

et aller & Paris, ont fait très grande et dpre résistance ; et preste-

meu. de notre personne nous y arrivâmes, et trouvâmes que lesdits

adversaires étaient déjà reboutés {repousses), et par le plaisir de notre

huoist Créateur la chose est ainsi advenue et il nous a fait telle ghace

-qd'icelle appelée la Pl'celle a été prise ; et avec elle plusieurs capitaines,

chevaliers, écuyers et autres ont été pris, noyés et morts, dont à cette

heure nous ne savons encore les noms, sans qu'aucun de nos gens, ni des

gens de Monseigneur le roi y aient été morts ou pris, ni que de nos gens

il y ait eu vingt personnes blessées, par la grâce de Dieu.

■ De cette prise, ainsi que nous le tenons certainehent, seront grandes NotrvELLEs partout, et sera connue l'erreur et folle créance de tous ceux qui se sont rendus enclins et favorables es faits d'icelle femme, u Cette chose nous vous écrivons pour nos nouvelles, espérant que vous

53i LA VRAIE JEANNE D*ARG : LA LIBÉRATRICE.

en aurez joie, confort et consolation, et en rendrez grâces et louanges à notredil Créateur qui tout voit et connaît. Que par son benoit plaisir, il veuille conduire le surplus de nos entreprises au bien de notre seigneur le roi et de sa seigneurie, et au relèvement et réconfort de ses bons et loyaux sujets.

< Très chers et bien aimés, le Saint-Esprit vous ait en sa sainte garde. « Ecrit à Goudun, près Compiègne, le xxni* jour de mai.

« MlLET. »

Au dos est écrit : « A nos très chers et bien-aimés, les gens d'Église, bourgeois et habitants de Saint-Quentin-en-Vermandois ».

Ce même texte était à la même heure adressé aux échevins et au conseil de la ville de Gand. M. Gachard le publiait en 1834 au tome II de la collection de ses Montiments inédits de l'histoire de BelgiquCy d'après une copie du temps conservée dans les archives de Malines. Tout est identique, à part le nom du secrétaire qui est Chrestian. L'un et l'autre faisaient probablement la transcription en même temps.

Un extrait de la chambre des comptes de Bretagne, fait au xvni* siècle et conservé à la Bibliothèque nationale, nous apprend qu'un chevaucheur fut expédié pour apprendre l'événement au duc de Bretagne. On y lit : u A un chevaucheur du duc de Bourgogne nommé Lorraine, venu vers le duc apporter lettres et nouvelles de la prise delà Pucelle*. »

Le duc Philippe terminait triomphalement une lettre qu'il écrivait le 25 mai à son oncle le duc de Savoie, en annonçant que le 23, vers six heures après midi, les assiégés avaient fait une sortie et que celle qu'ils appellent la Pucelle et plusieurs capitaines, chevaliers, écuyers et autres, avaient été pris, noyés et tués*.

Ces missives fixent d'une manière indubitable la prise de la Libératrice à la soirée du 23 mai. Si certains chroniqueurs disent que ce fut la vigile de TAscension, qui cette année tombait le 25 mai, c'est que pour eux le jour commençait aux premières vêpres de Toflice du lendemain.

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