‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 230 sur 327 · iVoeês, t. y, p · texte numérisé non relu

iVoeês, t. y, p

Il ne nous reste plus qu'à entendre le grand homme politique de l'Angleterre à cette époque, confesser dans un document officiel que la fille de Jacques d'Arc a arraché la France à l'Angleterre.

Les historiens citaient à l'enyi quelques lignes de Bedford disant que les affaires d'Angleterre avaient prospéré en France jusqu'à l'arrivée d'un suppôt d'enfer nommé la Pucelle. Dans quelle circonstance le régent avait-il écrit ces lignes ? on l'ignorait. On renvoyait à Rymer ; or Rymer assigne au passage cité une date impossible, Tannée 1428, alors que la Pucelle n'était connue qu'à Domrémy.

Frappé de cette anomalie, M. Tabbé Debout passa en Angleterre, compulsa les archives de 1429, 1430, 1431 et acquit la con\nction que non seulement la pièce ne s'y trouvait pas, mais qu'elle n'y a jamais été. La publication de cette observation atteignait tout à la fois la valeur du document et l'autorité du célèbre annaliste anglais Rymer. Des recherches ultérieures furent faites, et, au grand plaisir de M. Debout luimême, elles ont fait mettre la main sur le document qui par sa vraie date n'en acquiert que plus de valeur. C'est ce que fait ressortir le scrupuleux chercheur dans sa plaquette : Appréciation du duc de Bedford sur Jeanne d'Arc et son œuvre. La pièce existe aux Archives anglaises [BibL cott. Titus, E, S) ; elle était même imprimée dans les rotuli parlamentorum^ appendice du tome V [p, 435), Bedford l'écrivit non pas lorsque Jeanne d'Arc était suj^ la scène, mais quatre ans après son supplice, alors que la première impression était dissipée, et qu'il examinait froidement la cause du revirement de fortune subi par l'Angleterre. Il est manifeste que l'appréciation du grand politique n'en a que plus de poids. C'est un rapport fait au roi sur la situation de la France anglaise, terminé par la demande d'une diminution d'impôts que les peuples ne peuvent plus supporter. Le conseil délibéra sur ce rapport le 14 juin de la douzième année du règne de Henri VI. Henri VI ayant été proclamé roi d'Angleterre le 1" septembre 1422, nous sommes amenés au 14 juin 1434. On devait peu faire attendre au conseil royal de Londres les rapports et les demandes du« régent de France. On en peut conclure que le r^ent aura rédigé et remis ce magnifique témoignage rendu involontairement à la Libératrice dans les derniers jours de mai, c'est-à-dire à l'anniversaire du martyre.

L'élégante traduction que l'on va lire est due à la plume de M. Chaulin, un de ces dignes magistrats qui sont descendus de leur siège, alors que Ton a voulu y faire asseoir l'arbitraire el la tyrannie.

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