‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 3)Chapitre 30 sur 327 · Ibid., 259 et suiv · texte numérisé non relu

Ibid., 259 et suiv

qui régnait sous le nom de Charles Vil. Sully et Jargeau étant sur la rive gauche de la Loire, l'envahisseur se trouvait ainsi avoir franchi les limites que Ton donne aux États du roi de Bourges. Le général anglais, tout en rétrécissant de plus en plus le cercle autour d'Orléans, assurait ses communications avec Paris et la Normandie.

Le 7 octobre, un de ses lieutenants venait faire une démonstration contre le Portereau, le faubourg Orléanais de la rive gauche sur laquelle Salisbury pouvait déjà se mouvoir à Taise. Lui-môme venait y camper le 12. A l'arrivée de l'ennemi, les Orléanais avaient mis le feu au faubourg, en particulier au couvent et à l'église des Augustins, tandis que, jour et nuit, ils travaillaient à fortifier le boulevard à l'entrée du pont. Les Anglais s'établirent sur les ruines, et, le feu éteint, se cantonnèrent très fortement aux Augustins, où la flamme n'avait fait que fort imparfaitement son œuvre. Ils y élevèrent bastille, boulevard, creusèrent double fossé, y braquèrent leur artillerie, et se mirent à canonner le pont, la ville, les Tourelles et avant tout le boulevard qui en défendait l'approche. Ils abattirent douze moulins sur bateaux.

Les Orléanais se défendaient héroïquement. A un assaut donné au boulevard susdit, on vit les femmes jeter sur les assaillants des cendres vives, de l'huile bouillante, des graisses fondues, et môme repousser du bout de la lance dans les fossés les assaillants plus hardis*. Cependant les Anglais, en môme temps qu'ils travaillaient à plein ciel, travaillaient aussi dans les entrailles de la terre. Ils avaient creusé une mine destinée à faire sauter le boulevard. Les défenseurs, qui s'en aperçurent, y mirent le feu et se retirèrent aux Tourelles en ramenant vers eux le pont-levis. Les Tourelles elles-mêmes fortement canonnées devinrent bientôt intenables; elles durent être abandonnées à leur tour le 24 octobre. En se retirant les assiégés rompirent une ou plusieurs arches du pont, et se tortifièrent à la Belle-Croix. Les Anglais, de leur côté, se hâtèrent de réparer les brèches faites aux Tourelles, et de les rendre défendables et tenables contre toute puissance^. Glasdall, le Glacidasde nos histoires, en fut constitué le gardien.

Cependant Salisbury était monté au plus haut étage de la tour. Là, à demi caché par le mur, entre Glacidas et un chevalier, il contemplait par une fenêtre l'assiette de la ville. Soudain un boulet de canon siffle, passe par l'ouverture, tue le chevalier, et des éclats du mur crève un œil à Salisbury, lui déchire une joue et le couche à terre. On l'emporte clandestinement; il est dirigé sur Meung, où il mourait le 3 novembre. Qui avait pointé un coup si heureux? On le dit parti de la tour de Notre-

i. Chronique de la Pucelle, p. 261.

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