L'abbé Dubois, Histoire du siège dCOrléanSy p. 7o
se trouve pas seulement dans rimprimé de Saturnin Hotot, mais aussi dans les manuscrits. Il fallait bien que le rédacteur écrivit assez longtemps après le siège, pour faire coucher la Pucelle aux Tourelles dans la nuit du samedi au dimanche. Tout le monde savait à Orléans qu'elle était rentrée le soir môme par le pont, ainsi qu'elle l'avait annoncé le matin, contre toute vraisemblance.
Ce qu'il dit de la Pucelle avant son arrivée à Orléans n'est pas à sa place. Il en résulte de la confusion quand on veut se rendre compte de la suite des faits. Quelques notables erreurs y seront signalées.
Le style semble confirmer, ainsi que Tobserve l'abbé Dubois*, la composition postérieure du Journal. Il renferme des mots inusités en 1430. D'après d'habiles philologues, la langue française aurait subi de notables changements vers le milieu du xv« siècle, particulièrement dans le centre de la France. Ce changement nous a paru bien accusé dans le Journal du siège. La diction est relativement moderne ; on y trouve par exemple le mot citoyen^ inusité, ce nous semble, avant cette époque. Pour rendre le style tout à fait moderne, il suffit le plus souvent de changer les mots de place et de rajeunir l'orthographe.
La partie vraiment intéressante du Journal en ce qui regarde Jeanne d'Arc, c'est l'entrée de l'héroïne à Orléans, l'emploi de ses journées jusqu'à l'assaut contre Saint-Loup. Il donne des détails qu'on chercherait inutilement dans les autres chroniques.
Depuis Saturnin Hotot, le Journal du siège a été plusieurs fois édité. Quicherat l'a fait entrer dans sa collection. Au moment où ces lignes sont écrites, MM. Paul Charpentier et Cuissard ont fait paraître une nouvelle édition enrichie de nombreuses notes, à laquelle nous sommes heureux de renvoyer.