Elle fut à Poitiers et à Tours
Elle fit un étendard, auquel était Timage de Notre-Dame, et elle prit jour pour se trouver à Blois, et dit que ceux qui devaient être en sa compagnie y vinssent, et qu'à ce jour les blés et les autres vivres fussent prêts à partir en charrettes, chevaux, et autrement. Elle ne demandait pas grande compagnie de gens, et elle disait : « Par mon Martin^ ils seront bien menés; n'en faites doubte! »
Des VIVRES menés a Orléans. — Le maréchal de Rais, LaHire, Gaucourt, Poton de Xaintrailles et d'autres capitaines furent à Blois au jour fixé pour la conduite des vivres, et les firent partir en grande quantité. La Pucelle les fit passer par devant les places de Baugency, de Meung, et autres places garnies d'Anglais, sans avoir aucun empêchement pour le convoi; et quand elle vint auprès d'Orléans, elle fit descendre {avaler)^ des bateaux de ladite ville, elle y fit charger les vivres, y monta elle et ses gens, et ils entrèrent à Orléans, sans obstacle, soit des bastilles da pont, soit de celles qui étaient de l'autre côté de la rivière. Les habitants en furent très grandement réjouis, et à cause du grand besoin de vivres qu'ils ressentaient, et à cause de la venue de la Pucelle, et des gens de sa compagnie. Le sire de Gaucourt et quelques autres des capitaines demeurèrent avec elle.
Le bâtard d'Orléans et les autres capitaines dessus nommés retournèrent îi Blois, ramenant ceux qui avaient porté les vivres. Elle les avait assurés qu'ils ne seraient nullement inquiétés à leur retour, et ainsi en fut-il. En même temps, elle leur avait ordonné de prendre le reste des vivres îi Blois, et de revenir à Orléans par l'autre côté de la rivière, devers Paris, et de n'avoir aucune crainte des Anglais. Ils l'exécutèrent, comme elle le leur avait ordonné, et ils passèrent près des forteresses desdits Anglais, près do la ville, par entre les bastilles, sous leur vue, sans que nul no bougeât do son logis, comme gens qui n'auraient su ni pu s'uidor ■.
t^^MMKNT LA Pl'CELLE PRIT ET LEVA LES BASTILLES d'OrLÉANS. En CCt
au Ml'CtiOXXlX, le iv" jour de mai, après diner, la Pucelle appela les capitaines, et leur ordonna d'être prêts, eux et leurs gens, à Theure qu'elle
1. (Vest lo ooutraiinî. Les bateaux devaient monter d^abord, descendre ensuite.