Raynaldi Ann. eccl. 1436, § 2 et seq
2. Voirrhistoire de ces burlesques scandales dans Patricius, reproduite dans les Acta conçilîorum de Habdouin, t. IX, col. 1131, dans VHUt, de Véglise gallicane, an. 1437, etc.
192 LA PUCELLEJdEVANT L'ÉGLISE DE SON TEMPS.
tiques et qu'Eugène IV sera déposé avant que l'union soit conclue*.
L'Université de Paris se trouve largement mêlée dans tous ces attentats. Non seulement elle applaudit à tout ce qui prive le Pontife de ses ressources matérielles, telles que la suppression des annates et des expectatives ; mais elle se plaint de ce qu'en matière d'appel l'on ne restreint pas assez son autorité, en même temps qu'elle demande pour elle-même amplification de ses privilèges, et qu'elle veut que l'on étouffe l'Université naissante de Caen. Plusieurs de ses docteurs sont parmi les députés qui vont à Constantinople menacer les Grecs, s'ils choisissent les vaisseaux de la papauté; le promoteur du prétendu concile est un de ses homino> alors en vue, Nicolas Lamy.
Les Grecs bravèrent des menaces ridicules, si elles n'étaient pas aussi profondément odieuses. Le 14 mars 1438 ils arrivaient àFerrare où le concilo était déjà ouvert depuis deux mois. En janvier de l'année suivante, la peste le faisait transférer à Florence, du mutuel consentement des Grecs et Lalins.
La Papauté avait rarement apparu entourée de plus de grandeur. Eugène IV voyait à ses côtés cent soixante évoques qui représentaient vraiment l'Orient et l'Occident : le mur pliotien qui séparait les deux Eglises était enfin renversé, et l'union renouée après tant de siècles de division. On lit dans beaucoup d'histoires que la France n'était pas représentée à Florence. C'est une erreur: Charles VII, il est vrai, sans adhérer expressément à Bàle, avait défendu aux évoques de ses États de se rendre à Ferrare et à Florence. Il voulait un concile convoqué dans son royaume. Pendant la tenue du concile d'au delà les monts, il avait élaboré sa Pragmatique de Bourges, mais sa défense avait été sans effet dans les Etats du duc de Bourgogne qui avait envoyé ses ambassadeurs au concile. Des évêques soumis à la domination de ce dernier, l'évêque de Nevers entre autres, ont signé les décrets du concile de Ferrare-Florence. La Normandie et la Guyenne n'obéissaient pas encore à Charles VII ; des évéques et des abbés de ces provinces sont parmi les pères de Florence. La Provence, la Lorraine relevaient du roi René ; il y a des évêques de ces contrées à Florence. Élie Bourdeilles a signé les décrets rendus à Ferrare, en qualité d'évôque nommé de Périgueux. L'évêque de Digne, Pierre de Versailles, était à la tête de la légation si heureuse qui amena l'empereur Constantin Paléologue et les chefs de l'Église grecque à Ferrare, et les enleva aux Basiléens. D'Estouteville, nommé évêque d'Angers, était auprès d'Eugène qui n'allait pas tarder à le revêtir de la pourpre cardinalice. Il est inexact de dire que l'épiscopat français ne parut pas au concile de Florence.
Bàle vit diminuer le nombre déjà fort restreint des évêques qui s'y