T. V, p. 8ol, De fortuna ujiiversitatis
descendre à un rang inférieur celle qui se regardait comme à la tête dos corps de TÉtal; juste châtiment qui abandonnait à la magistrature séculière ceux qui lui avaient livré TEglise. Les docteurs se plaignirent amèrement; plaintes inutiles qui ne leur évitèrent pas d'autres humiliations encore.
Charles les avait forcés d'abandonner Tantipape. Il s employa très activement à amener Tantipape lui-même à déposer sa tiare usurpée.
Dans les nombreuses ambassades qu'il députa pour terminer cette interminable affaire, Ton est heureux de trouver plusieurs des approbateurs ou des défenseurs de la Pucelle. Tel Pierre de Versailles dont il a été fait plusieurs fois mention. Il venait de ramener heureusement les Grecs en Italie et se trouvait au concile de Florence, lorsquTugène IV le transféra du siège de Digne à Tévêché de Meaux. Le Pape voulait ménager un siège à d'Estoutevilie qu'il avait nommé à Angers; mais que repoussait l'assemblée de Bâle, soutenue ici par Charles VIL Le monarque chargea le nouvel évoque de Meaux de porter à Eugène l'assurance de sa fidélité. L'ambassadeur le fit en présence du concile, et traita les schismatiques de Bâle comme ils le méritaient, les qualifiant de nouveaux Coré, Dathan et Abiron*. D'Estouteville sera, comme nous verrons bientôt, le premier qui prendra en mains la cause de la réhabilitation. Il y emploiera un docteur de l'Université de Paris, que vraisemblablement il avait vu en qualité d'ambassadeur de Charles VII auprès d'Eugène IV, le docteur Robert Cybole. Robert Cybole devait être fort éloigné de partager les sentiments sectaires de ses collègues, puisque tandis qu'ils déposent Eugène IV^, il est envoyé vers le Pontife pour lui porter l'assurance que le roi de France lui sera fidèle*. On le retrouve encore dans la suite traitant, toujours au nom du roi de France, l'affaire du désistement du pseudo-Félix. Dans l'ambassade qui met fin au scandale, apparaît le fidèle compagnon de Jeanne, le défenseur d'Orléans, Dunois et Courcelles lui-môme, qui a dû ployer enfin, et travailler à défaire rœu\Te de malheur à laquelle il avait pris une si grande part'. L'homme de Ripailles cessa d'être Félix V en 1449, non sans exiger de douloureuses compensations. Les saturnales ecclésiastiques dont il était le produit s'étaient continuées jusqu'à cette date. Leurs auteurs chassés de Bàle avaient été les continuer à Lausanne. Ce parlement-croupion, heureusement sans pareil dans l'histoire de l'Église, a duré dix-huit ans.
Personne plus que Charles VII n'avait contribué au rétablissement de
i. Rayxaldi An. eccL, 1441. Berthier, t. XVI, p. 395.