‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 4)Chapitre 128 sur 381 · Raynaldi · texte numérisé non relu

Raynaldi

3. M. de Beaucourt a fort bien exposé la suite de ces négociations dans VHistoirc de Charles VII, l. III, p. 256-283.

200 LA PrCELLE DEVANT L'ÉGLISE DE SON TEMPS.

Tunité. Le Saint-Siège le combla d'éloges qu'il faisait rejaillir sur ses prédécesseurs et sur la France. Les lettres de Nicolas V à cette occasion peuvent être comparées à celles que Grégoire IX écrivait à saint Louis, ou saint Léon à Charlemagne. La vocation de la France et de laroyaut»'* française prévalait sur Tesprit byzantin de l'Université de Paris. Le ciel ratifia ces éloges par les plus magnifiques récompenses ; par Faccomplissement total des prophéties de la Pucelle. Dunois à peine de retour de son ambassade marchait à la conquête de la Normandie. Avant la fin de cette année Charles VII rentrait à Rouen; la grande province était rendue comme par enchantement à la France; Tannée suivante c'était la Guyenne, anglaise depuis trois siècles; les envahisseurs ne conservaient que Calais, comme souvenir de leur trop longue domination. Les contemporains y virent un miracle; quand on se reporte à l'époque, il est difficile de penser autrement. La réhabilitation de la merveilleuse enfant qui avait si grandement commencé, prédit cette totale restauration de la France, allait être entreprise. Ce fut un des premiers soins de Charles VII en rentrant à Rouen. Les bourreaux n'avaient fait qu'élever un monument à sa gloire et rendre impérissable son incroyable histoire. Ils s'étaient infligé à eux-mêmes et à leurs doctrines la tache qui marqua le front de Caïn.

Caïns ! Qui mérita mieux ce nom que ceux qui condamnèrent la glorieuse sœur admirée par presque toute l'Église d'Occident, nous ont-ils dit eux-mêmes? Ce qui vient d'être exposé montre qu'au fratricide ils ajoutaient un crime plus grand encore, celui du parricide. Parricides, ils le sont ceux qui attentent à l'existence de l'Église qui est une mère, à l'existence de la Papauté dans laquelle l'Eglise se trouve visiblement, comme tout corps vivant se trouve dans la tête, d'où lui vient le mouvement et la vie.

« 0 Père, disait le Maître, quils soient un en moi, afin que le monde connaisse que vous m'avez envoyé^ ». Que peut-il sortir des doctrines appliquées à Rouen et à Bàle, de la doctrine des clercs et gens en ce cotinaissant, sinon la plus irrémédiable anarchie? Que devaient penser les Grecs et les Orientaux en voyant semblables déchirements en OccidenI ? Ne faut-il pas attribuer aux scandales de Bâle le peu de durée de l'union conclue à Florence? Ceux qui ont tué la libératrice de la France ont.

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