‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 4)Chapitre 134 sur 381 · CHARLES VII ENTREPREND LA RÉVISION DU PROCÈS · texte numérisé non relu

CHARLES VII ENTREPREND LA RÉVISION DU PROCÈS

des pratiques tenant du sortilège, ayant trait aux superstitions réprouvées parFÉglise; rien qui ressente les coupables habiletés des hommes. Rien pour son intérêt privé; tout était pour la délivrance du royaume, et le relèvement du très digne trône royal.

<( Il y a donc une pressante obligation pour la sérénissime Majesté royale de faire resplendir Tinnocence de la Pucelle, de faire examiner par les théologiens et les juristes les plus doctes un procès suspect. S'il est démontré que ce procès est vicieux dans la forme ou dans le fond ; qu'on s'applique à tout réparer, et qu'on rapporte comme inique la sentence rendue contre la jeune fille. Ainsi seront fermées les bouches des détracteurs; ainsi une inviolable fidélité sera assurée à la famille royale, que Dieu daigne affermir dans la personne de notre roi très victorieux, pour le salut et la défense de son peuple.

a Resserrer la discussion, c'est la faciliter. Aussi, après une étude du procès fait contre Jeanne, j'ai cru plus utile de me borner à trois inculpations sur lesquelles le susnommé Gauchon et ses complices ont cru devoir principalement s'appuyer pour déclarer la Pucolle criminelle. Je crois, sauf jugement de plus habiles, pouvoir montrer plus clair que le jour que les imputations sont calomnieuses. Je ne toucherai pas à la forme du procès, laissant à messieurs les juristes de décider si les formes juridiques ont été bien ou mal observées.

« J'ai, après cela, discuté les douze articles envoyés par Gauchon à messieurs les prélats et aux docteurs, comme base du jugement à porter. La fausseté en est manifeste; ces articles ont été rédigés sans droiture et sans sincérité ; les réponses de la Pucelle sont altérées. L'on passe sous silence ce qui les justifie; ou ajoute ce qui les dénature, ainsi que s'en convaincra quiconque parcourra sérieusement le procès. Il en résulte clairement que les personnages consultés ont été égarés par un faux exposé du fait; par suite le jugement tout entier, la sentence portée par les prétendus juges, avec tout ce qui s'en est suivi, est dénué de force et de valeur. Le procès croule dans son entier. »

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