‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 4)Chapitre 147 sur 381 · Ut prope irrefragabili demonslratur evidentia · texte numérisé non relu

Ut prope irrefragabili demonslratur evidentia

je viens de parler, complétera de vive voix les explications nécessaires à la solution du cas.

(( Pour ce qui est de notre ordre, en proie maintenant par permission divine à une si triste tempête, je ne sais rien de nouveau, si ce n'est que notre seigneur le Pape a rendu le chapitre général au couvent de Nantes, quoique le provincial de Rome reste toujours Vicaire général. J'ai vu la Bulle édictant ces dispositions.

« Portez-vous bien dans le Seigneur Jésus. De Lyon le dernier jour de

décembre.

« Avec tout mon cœur votre frère.

Jean Bréual,

u Inquisiteur de la Foi au royaume de France'.

La date de l'année fait défaut dans la lettre qui vient d'être traduite; elle pourrait être fournie par celle des troubles qui, à cette époque, agitèrent l'ordre de saint Dominique, ou même par la date de l'ambassade de sire Léonard. Sire Léonard Wilzkehetz, dont il est ici question, était, d'après Quicherat, chancelier de l'archiduc d'Autriche ; il voulut garder les documents qu'il portait et n'en laissa qu'une copie au destinataire.

Quel était ce destinataire si célèbre de son temps? Quétif et Échard parlent d'un frère Léonard de Vienne, frère Prêcheur, qu'ils donnent comme enseignant dans cette ville en 1469. Il a composé ou retrouvé une douzaine d'ouvrages énumérés par les doctes annalistes et dédiés à l'empereur Frédéric IIP. Ne serait-ce pas encore F. Léonard d'Utine, Frère Prêcheur aussi, qui brillait vers 1443, au rapport de Trithème? Le docte abbé de Spanheim en parle en ces termes : « C'élmit un homme très versé dans les Saintes Écritures, et qui n'était pas étranger aux sciences profanes. Prédicateur de grand talent et de grand renom, il écrivit pour les prédicateurs des ouvrages qui le recommandent à la postérité'. » Trithème en cite les titres qui ne sont pas ceux donnés par Quétif et Échard. Les deux Léonards, si ce sont deux personnages différents, justifient ce que Jean Bréhal disait de son correspondant.

La réponse du théologien de Vienne ne nous est pas connue ; il en est ainsi de bien d'autres qui durent arriver entre les mains de l'Inquisiteur général. C'est beaucoup que les neuf traités compris dans l'instrument du procès, et l'on en possède quelques autres encore. Les consultations pour la réhabilitation sont autrement solides et raisonnées que celles qui furent demandées pour la condamnation. Ces dernières, basées sur un faux exposé, exprimées sous le coup de la crainte, sont données en quel-

i. Procès, t. II, p. 70.

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