‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 4)Chapitre 167 sur 381 · LES VICES DE FORME D'APRÈS MONTIGNY · texte numérisé non relu

LES VICES DE FORME D'APRÈS MONTIGNY

les grâces reçues; on la voit constante, fidèle à honorer Dieu par sa foi, par son espérance, par sa charité; à Texalter par ses actes et ses paroles, sans rien attribuer à sa personne ou à sa vertu. Toutes ses récusations, tous ses actes, sont fondés sur la raison, conformes à la foi et au droit*.

Ce qui vient d'être exposé prouve qu'après son abjuration, elle était fondée à croire aux voix ; sa conscience lui disait qu'elles venaient de la part dç Dieu ; elle devait suivre sa conscience sous peine de s'exposer à édifier pour Tenfer.

L'accusera-t-on d'être relapse pour avoir repris le vêtement viril? Qu'on pèse les raisons qu'elle a données. Après les avoir énumérées, Montigny conclut: elles sont fondées; et par suite il fallait les admettre; l'on ne pouvait pas la dire relapse, ou tout au moins la punir comme telle.

Alléguerait-on pour maintenir la sentence l'avis de l'Université de Paris, des prélats, docteurs et hommes de savoir, cités au procès? Mais ils ont donné leur avis d'après des extraits tronqués, mutilés, qui pervertissaient le sens des paroles de la Pucelle, comme c'est évident d'après le procès. Ils ne pouvaient pas faire autrement; Scévola et les autres jurisconsultes répondent d'après l'exposé. Peut- être quelques-uns penseront-ils que l'on pourrait accuser de fraude évidente, de calomnie manifeste, ceux qui les ont composés.

Après cela Montigny répond à une double série de questions qui lui sont soumises. Comme il le fait observer, les réponses résultent de ce ^luïl a dit. Il présente quelques développements qui reviendront dans d'autres mémoires, et pour cela ne sont pas reproduits ici.

II donne son avis sur la manière de reprendre le procès. Il faut le porter en cour de Rome parce que c'est au Pape que la Pucelle en a appelé ; parce que c'est une question de révélations; ce tribunal n'est suspect à personne et personne ne peut le récuser.

Il faut appeler tous les intéressés, qui sont nombreux. Les parents doivent avant tous les autres se mettre immédiatement en avant, et se

i. M Si ejus confessiones videantur et débite & non suspecto ponderentur, non nisi verba meUiûua laudis, et fidei catholicœ, ac gratiœ Domini nostri Jesii Christi comperietex ejus ore processisse, veluti fide, spe et caritate Deum constanter et fideliter colenliset Ipsum in suis dictis et factis magnificantis, nihil sibi aut suœ virtuli tribuendo. SipitBterea recusationes, etiam qualescumque de quibus in processu, perspicaciter rirnentur, nonnisi ralionabiies ac consono) fidei et juri censebuntur. » (F® clviii, r« circa Qiediuui ]

porter comme demandant réparation de l'injure faite à la Pucelle par son supplice ignominieux.

Il faut appeler les juges, s'ils survivent, ou à leur défaut leurs successeurs dans leurs dignités et offices, ou leurs héritiers, avec la clause cependant, s'ils croient de leur intérêt de faire opposition.

Après avoir exposé les injustices et les vices du procès, il faut tendre à faire déclarer le procès nul, ou tout au moins à le faire annuler et casser, et comme conséquence faire proclamer que, jusqu'à sa mort inclusivement, Jeanne a vécu en bonne et fidèle catholique, et qu'elle doit être tenue pour telle; il faut, de plus, demander que les coupables sus-nommés, ou leurs ayant cause, soient condamnés à réparer si grande iniquité; même pour le corps de Jeanne, de la manière dont c'est possible, en érigeant un monument à sa mémoire, conformément au conseil des éminents avocats du palais apostolique, à la correction et à l'amendement desquels l'auteur soumet ce qu'il vient d'écrire.

Mon tigny parcourt ensuite dans les aveux de Jeanne ceux qui pourraient présenter quelques difficultés.

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