‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 4)Chapitre 17 sur 381 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

compte au jeune roi des entretiens qu'il vient d'avoir avec le cardinal de Foix, qui dans un voyage de Rome en Espagne est passé par Embrun ; et il revient sur la mystérieuse jeune fille. On lui avait sans doute écrit que, conformément à ses avis, l'on ne se hâtait pas de la mettre à l'œuvre, et qu'on la soumettait à un rigoureux examen. Le prudent conseiller (( déclare qu'il est bien aise qu'on la tienne dans la suspicion et l'ineertitude de lui croire ou de ne lui pas croire ; il ne trouve point à propos qu'elle ait beaucoup d'accès au roi, jusqu'à ce qu'on soit bien aceriaine de sa vie et de ses mœurs * ».

L'on voit, par ces lettres, en quels termes Gelu se trouvait avec le prince. Ainsi que le remarque le Père Fournier, c'est le ton d'un maître envers son disciple, d'un amoureux père envers son fils spirituel. Le prélat en avait le droit : ses services passés^ son inaltérable dévouement à la cause française, son expérience, le haut rang qu'il occupait dans l'Église et dans l'État, le rendaient un vrai père pour le fils délaissé de Charles YL

Mais si telle était à l'endroit de l'envoyée du ciel la défiance d'un grand dignitaire ecclésiastique, quelle ne devait pas être celle des hommes d'armes, des conseillers laïques? Avant d'adhérer aux paroles de la Pucelle, Charles YII devait se couvrir devant son parti de la garantie des hommes les plus considérés. C'est ce qu'il fit. Jeanne, examinée à Chinon, le fut surtout à Poitiers. Il faut faire connaître le tribunal qui lui signa ses lettres de créance. Ces lettres furent en bonne et due forme, délivrées qu'elles étaient par les honmies les plus éminents de la hiérarchie ecclésiastique, les plus en renom de savoir et d'intégrité.

Leurs noms nous sont donnés par les témoins entendus au procès de réhabilitation. Ils viennent se placer, au cours des dépositions, sans ordre et sans détails personnels. Ces détails étaient inutiles, vu la notoriété des personnages. Tous ne sont pas nommés. Pour concevoir combien l'assemblée fut imposante, il suffit de rappeler ce que l'histoire nous a transmis sur ceux qui sont ainsi désignés.

Au premier rang, se plaçait un homme investi des plus hautes fonctions dans rÉglise et dans l'État, l'archevêque de Reims, chancelier de France, Régnault de Chartres. Son père, chambellan du duc d'Orléans, avait péri massacré dans les sanglantes orgies du parti cabochien en 1418. Le fils,

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