‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 4)Chapitre 31 sur 381 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Sommaire : I. — Gelu croit à la Piicelle. — Conseils à Charles VU. — Reconnaissance, humilité, invitation à la clémence ; lettre à la belle-mère du roi. — Ses traités sur la Pucelle.

II. — Notice sur Jacques Gelu. — Sources inédites. — Dévouement de Tarchevêque à la cause française. — Sa place dans TÉglise. — Son traité latin sur la Pucelle.

III. — Leltredédicatoire. — LaProvidence rendue palpable parle fait même de la Pucelle. — Les impies de tous les temps confondus. — Court résumé des causes de la ruine de la France. — Dénûment absolu du roi. — Les divers motifs quiontpudéterminer Dieu à nous octroyer un secours miraculeux. — Objections.

IV. — Division du traité. — Providence spéciale de Dieu sur Thomme et sur les peuples. — Application à la France. — Dieu n'accomplit pas toujours ses miracles instantanément. — Il fait ses œuvres merveilleuses tantôt parles Anges, tantôt par les hommes. — Raisons de convenance qui lui ont fait dans le cas présent choisir une femme. — 11 peut par exception employer des femmes aux œuvres naturellement réservées à rhomme. —Pourquoi il Ta fait dans le cas présent.

V. — Ëst-il possible de distinguer le surnaturel divin du surnaturel diabolique ? — Objections. — L'intérieur révélé par Textérieur habilueL — Application à la Pucelle. — Les œuvres. — Œuvres le plus souvent mauvaises rendues bonnes par les circonstances.

VI. — Part de la prudence humaine dans la réalisation des œuvres miraculeuses? — L'avis de la Pucelle doit être requis et l'emporter sur tous les autres. — Bonnes œuvres conseillées au roi.

VIL — Appréciation du traité de Gelu.

Après la délivrance d'Orléans, Jacques Gelu ne garda plus de défiance à regard de la bergère. L'historien des Alpes Maritimes nous a conservé dans son manuscrit l'analyse substantielle des lettres que Tarchevèque d'Embrun écrivit à son royal pupille. Le Père Fournier continue ainsi son récit, auquel je ne change que quelques tours de phrase.

« Depuis ce temps, comme les issues furent toutes miraculeuses par la main de cette bergère, en la délivrance d'Orléans, Gelu envoie au roi une autre dépèche, par laquelle il l'avertit de n'être point ingrat pour un tant signalé bienfait. En même temps, il lui remet en compte les autres

obligations précédemment contractées comme la délivrance de sa personne dans le péril auquel il se trouva non loin de Saintes et à la Rochelle.

« Il insiste surtout sur le bienfait reçu en dernier lieu ; comment destitué de tout humain secours, dans une disette même des choses nécessaires à l'entretien de sa maison, il a reçu ce secours tout divinement, d'une manière bien extraordinaire.

u 11 exalte la divine puissance, choisissant les choses basses pour des effets tant héroïques et si propres à humilier les superbes. Par une chétive bergère, elle ramène au parc de leur véritable pasteur, de leur roi, les taureaux les plus rebelles : princes, généraux, maréchaux de France, colonels, maîtres de camp, capitaines, devenus, de taureaux et de lions, agneaux obéissants et débonnaires.

« Enfin, il lui conseille de se laisser mener par Dieu, qui lui a tant donné de preuves de sa providence, et de ne pas s'étonner de pertes de simple apparence; il faut qu'il laisse gouverner la sagesse divine qui le conduit par cette fille envoyée pour être comme son ange.

« Gelu inculque plus que jamais à l'ànie royale du prince l'humilité avec la reconnaissance; qu'il dise avec saint Bonaventure : Je dois vous aimer, mon seigneur, de toute ma vertu et de toute mon âme. Je dois suivre vos vestiges; ce qui ne peut être accompli par moi, si ce n'est que par vous-même vous joignez mon àme après vous. Donnez-moi, seigneur, la sagesse qui assiste toujours à votre trône ; qu'elle soit avec moi, qu'elle travaille avec moi, pour que comme votre plus petit serviteur et votre valet, je puisse obéir aux ordonnances de Votre Majesté et vous rendre des louanges agréables.

« Aidez, seigneur, mon imperfection et mon impuissance et me préservez de toutes les mauvaises actions qui ne plairaient pas aux yeux de Votre Majesté. Donnez-moi un cœur docile pour toutes les choses qui sont à votre gré, et ne retirez jamais votre toute-puissante main de moi, votn» très indigne serviteur, ni de votre peuple qui est commis à mon inutilité, seigneur mon Dieu qui êtes béni es siècles *. »

Ce n'est qu'à un prince profondément pieux que pouvait être tenu sem blable langage. A cette époque de sa vie, disent de nombreux contemporains, Charles VII était tout entier à ses devoirs de chrétien. La lettre de Gelu en est une confirmation. L'Archevêque l'engageait à se mettre sous la main de Dieu. Une autre lettre citée par Fournier nous montre qu'en cela, d'accord avec Jeanne, il l'exhortait à pardonner et à bien accueillir ceux qui l'avaient abandonné dans le malheur. Voici cette lettre :

i. HisL des Alpes Maritimes^ fo 331 v».

« Mon souverain seigneur, il est venu en ma connaissance que plusieurs de vos sujets qui s'étaient laissé tirer au parti de vos ennemis par une erreur assez publique (commune), veulent revenir à votre obéissance, après avoir vu les attestations miraculeuses que Dieu dans sa puissante sagesse a données à la justice de votre droit. Ils sont prêts de se soumettre à votre autorité, s'il peuvent espérer avec confiance de n'être pas éconduits de votre sévérité, ainsi que le mériterait leur offense; bien plus encore, s'ils osent espérer d'être accueillis des bras de votre clémence, qui ne doit se mouler qu'aux exemples de la Divinité.

« Si je suis reçu à vous dire mon sentiment, je dirai bien fort, confidemment, qu'il n'est pas convenable d'être chiche, alors que Dieu vous a été si libéral. Il ne serait pas convenable que vous preniez un autre air que celui d'un père envers ses enfants, auxquels il ne saurait refuser le pardon, quand il est demandé avec repentir et avec une soumission, qui mérite que des pieds où ils se .mettent, on les relève au baiser de paix.

(( Les amorces de cette bonté sont capables d'en attirer un grand nombre ; elles feront que nul genre de victoire ne lui manquera ; ayant subjugué les uns par la puissance de vos armes, vous aurez dompté les autres par la puissance de votre obligeante bonté.

« Ce sera par là que vous irez sur les pas de la Divinité, dont la beauté et la bonté ravissante et attrayante à bien faire et à pardonner libéralement domine non seulement sur les pervers, mais encore sur la perversité.

« Le prince est assez bien flanqué pour se rendre redoutable par sa puissance; mais sa bonté demeurera toujours suspecte, tant que l'on n'en verra pas de remarquables et effectives évidences.

«. Le prince fera bien plus avec l'amour de ses sujets qu'avec les contraintes de la force et de l'épouvante. Il faut que le sujet qui doit être en la main de son souverain pour lui servir ait l'assurance d'y pouvoir demeurer, pour exécuter avec plus de correspondance et d'allégresse les ordres de celui qui le met en œuvre.

« Avant tout, il est nécessaire d'employer ou de vaincre votre cœur à vous gagner ceux de votre sang; et il faut prendre tant d'accortise et de condescendance, qu'ils se plaisent à se rejoindre à vous. Qu'il ne tienne jamais à vous que vous ne puissiez manier leur fidélité à votre plaisir et tempérer par votre affable suavité leurs humeurs effarouchées en la connaissance de leurs crimes.

« Quand on pourrait venir en la connaissance de la mauvaise volonté de quelqu'un, il faudrait apporter toutes les machines de la puissante douceur pour les vous faire posséder.

« Lorsque j'aurai pu mettre quelques deniers dans mon épargne, je

JACQUES GELU ET SES ÉCRITS SUR LA PUCELLE. 3o

lais étal de me rendre auprès de vous, et d'aller vous offrir mes humbles services comme je le fais à présent, à vos pieds...

« Je me laisse couler dans une peine d'esprit, qui me fait craindre que mes écritures ne vous abordent avec trop de privante ; ce qui ne laissera pas de mériter son pardon, parce qu'elle est la production d'une amitié, qui mémement pour de telles fautes ne doit jamais attirer qu'amitié. C'est aussi celte cordiale amitié qui prie toujours pour la conservation de votre sacrée personne, et pour l'heureuse conduite de vos états *• »

Le Père Fournier ne donne pas la date de cette lettre, et il pense que Gelu plaide ici la cause de l'odieuse Isabeau. Il cite à la suite une intéressante lettre qu'il dit adressée à cette mère dénaturée ; le contexte môme prouve qu'elle a été adressée non à la mère, mais à la belle-mère du jeune prince : Gelu vante la bonté d'esprit^ le sens, la prudence, la discrétion au-dessus de la portée de son âge, les dons de la nature et du ciel, dont Charles est abondamment partagé. C'est une affaire, dit-il, qui vous touche de ramener les seigneurs à leur devoir, quand ils se seront piqués contre leur monarque, votre fils '.

Que ce fils ne soit que le gendre, c'est ce qui ressort manifestement de la phrase suivante : Je suis à présent votre voisin à raison de la Provence. lolande, reine de Sicile, était duchesse de Provence. Chassée de Naples, c'est en Provence qu'elle résidait souvent, alors qu'elle n'était pas à la cour de France auprès de la reine sa fille, Marie d'Anjou.

Ce n'était pas non plus, je crois, la cause d'Isabeau que l'archevêque plaidait surtout auprès de Charles YII, en lui demandant de faire grâce aux princes de son sang. Il avait en vue une réconciliation générale entre les princes de la maison de France ; il voulait ménager principalement la paix avec le duc de Bourgogne. A la suite du sacre, il y eut à cet effet de longs pourparlers, qui aboutirent à une trêve perfide, dont il faudra dire un mot dans la suite.

Ce n'est pas seulement dans une correspondance, dont nous n'avons pas encore voila fin, que l'archevêque d'Embrun a parlé de Jeanne. Lui aussi a écrit un traité sur la Pucelle ou plutôt deux. Le Père Fournier, en effet, exprime le regret de ne pouvoir transcrire un traité en français sur la Pucelle, qu'il dit avoir entre les mains, et qui est probablement perdu pour toujours : mais nous possédons plusieurs exemplaires d'un traité en latin. L'analyse, et môme la traduction partielle, va en être donnée ; mais avant, il faut faire connaître le personnage qui parlait au roi avec cette familiarité et cette privante d'un maître à son disciple, ou d'un père à son fils.

i. llùfl. des Alp($ Maritimes, f« 341 v», 2. Ibid.

:U) LA FICELLE DEVANT L'ÉGLISE DE SON TEMPi>.

Jacques Gelu fui certainement un des hommes les plus en vue dans Tépoque où il vécut; il mania, dans TÉglise et dans TÉtat, les affaires le» plus épineuses et les plus importantes.

Il a écrit , dans les pages en blanc d'un exemplaire du décret de Gration. la suite et la date des principaux événements de sa vie jusques en 1421. Martène a fait entrer cette notice dans sa vaste collection : thesain^s mmdotonnn. Deux autres notices sont encore inédites; Tune est eu tète du traité de laPucelledont il va être parlé. Elle est signée des initiales de Tun de ses compatriotes, /.-^.-L. i4. P. ejus conterraneus. L'autre est celle que le Père Fournier lui consacre dans son histoire des Alpes Cottiennes. L* Jésuite nous apprend qu'elle lui est fournie par Gelu lui-mi>me, qui, ayant entrepris une histoire des archevêques d'Embrun qu'il ne poussa pas loin, remplit la page qu'il avait réservée pour son nom. C'est à ces trois sources principalement que sont puisés les détails suivants \

Yvoy, dans le Luxembourg et au diocèse de Trêves, fut le berceau de Jacques Gelu. Ses parents, des modèles de vertus chrétiennes, avaient une position sociale assez élevée pour que, dès sa neuvième année, Jacques ait pu être placé auprès du chancelier du Brabant. L'enfant y apprit la langue allemande, et, après quinze mois, vint commencer à Paris le cours de ses études classiques. Reçu avec éclat maître es arts en 1391, il s'adonna à l'étude de la jurisprudence canonique et civile, conquit ses premiers degrés en droit canon en 1395, et celui de licencié es lois civiles en 1401, à Orléans où il avait passé sept ans.

Après des études si approfondies, il n est pas étonnant qu'il ait enseigné la science canonique dans les hautes écoles de Paris, in viagnis scholis, comme il le dit lui-même. Le frère du roi, le duc d'Orléans, mit le célèbre professeur parmi ses maîtres des requêtes, et lui confia même la charge de chancelier.

Les charges du Parlement n'étant pas encore vénales se donnaient au concours. Jacques se mit sur les rangs pour une place de conseiller el l'emporta contre quatorze concurrents (1403).

A la suite de l'assassinat de son protecteur, le duc d'Orléans, il fui chargé particulièrement de la tutelle des pupilles de l'infortunée victime de Jean sans Peur, et plus tard nommé par le roi président du Dauphiné, fonction quil remplit de juin 1407 à décembre 1409. Il devait avoir reçu

1. Martène, Thésaurus anecdotoi'um, t. III, col. 1974, fond latin Cangé 6199, et Hisi. des Alpes Maritimes, par le P. Folrnier, arch. do Gap, f» 342, v» 344.

quelques-uns des degrés de la cléricature, puisque à cette époque il obtint une prébende canoniale dans TÉglise métropolitaine d'Embrun.

Charles VI ayant donné au dauphin Louis, duc d'Aquitaine, Tadministrationdes finances du royaume, Gelu fut rappelé du Dauphiné pour être attaché à la personne du jeune prince. Il y remplit diverses charges, et même momentanément celle de général d'armée.

Le concile de Constance était rassemblé ; un des premiers actes qui s'y accomplirent fut l'élévation de Gelu sur le siège de Tours. Jean XXIII le préconisa en cette qualité devant 17 cardinaux, le 7 novembre 1414. Le nouvel élu en reçut l'annonce à Paris le 18 novembre ; il fit prendre possession de son siège le 20 décembre, et se fit sacrer le 13 janvier 1415, dans la chapelle royale, en présence du roi et de la cour. Le lendemain il était nommé membre du grand conseil du roi.

Le nouvel archevêque se rendait en mai au concile de Constance. L'on devait y avoir une haute idée de son mérite, puisque les sufl'rages des pères lui donnèrent aussitôt d'éclatantes marques de confiance.

Jean XXIII et Grégoire XII avaient fait cession de leurs titres au pontificat suprême ; il fallait réduire l'intraitable Pierre de Lune qui voulait rester le pseudo-Benoît XIII. L'empereur Sigismond consentit à aller le trouver à Perpignan avec treize évêques, afin d'essayer de vaincre son opiniâtreté. Le chef de l'ambassade fut Jacques Gelu, renommé pour sa dextérité à manier les esprits et les affaires. Tout fut inutile, et l'Aragonnais ne se rendit pas. Gelu profita de ce voyage pour traiter aussi les affaires de France auprès du roi de Castille et d'Aragon, et travailler à détacher du pape schismatique les adhérents qu'il comptait dans la péninsule. Il plaida la même cause au concile de Constance, et contribua beaucoup à réduire les limites de l'obédience de l'intrus.

Il fallait remplacer les trois précédents pontifes par un seul et unique pape. Le concile voulut que le conclave se composât non seulement de cardinaux, mais aussi d'évèques et d'archevêques qui leur seraient adjoints. Jacques Gelu fut de ces derniers; bien plus, telle était sa réputation que huit voix le portèrent d'abord à la papauté. Le cardinal Colonna, qui prit le nom de Martin V, finit par réunir tous les suffrages.

Martin V avait chargé Gelu de traiter à Paris de la paix intérieure et extérieure du royaume. Il s'y trouvait à ce titre lorsque, en mai 1418, les Bourguignons signalèrent leur nouveau triomphe par le massacre du connétable d'Armagnac, du chancelier de Marie, de près de trois mille partisans avérés ou prétendus du parti ennemi. Gelu appartenait tout entier à ce dernier parti ; aussi dit-il qu'avoir échappé à ces fureurs l'oblige envers Dieu autant que sa première création.

En janvier 1420, il va solliciter pour la France le secours du roi de

Castille, qui promet d'équiper à ses frais vingt galères et soixante gros vaisseaux. En juin, il était de retour dans son diocèse, qu'il ne perdait pas de vue.

En 1421, il fait sa visite ad limina; il en profite pour traiter avec Martin V des affaires du Dauphin déshérité par le traité de Troyes; il est envoyé à Naples par le Pontife. Il s'agissait de réconcilier Jeanne II, le roi d'Aragon et Louis III d'Anjou, négociation difficile entre toutes, qui prouvait au moins l'idée que l'on se faisait de l'habileté du prélat.

Rentré dans son diocèse, en même temps qu'il s'efforce de le disputer aux ruines que les calamités du temps amoncelaient sur là surface du pays tout entier, il s occupe de soutenir le parti national aux abois. Il a une entrevue avec le duc de Bretagne, allié secret mais bientôt déclaré de l'envahisseur; il écrit aux gentilshommes bretons pour les maintenir dans la fidélité à la France ; il écrit au roi d'Angleterre pour le détourner de ses injustes prétentions.

Les désastres allaient s'accumulant sur le parti français. Personne qui ne sût combien le métropolitain de Tours lui restait attaché; de là sans doute des difficultés dans le gouvernement d'une province ecclésiastique en grande partie ralliée à l'étranger. C'est vraisemblablement ce qui porta Gelu à permuter le siège de saint Martin pour un siège moins important. Les chanoines d'Embrun, à la mort de leur archevêque, se rappelèrent que Gelu avait été leur collègue ; ils l'appelèrent à venir gouverner leur église. Il accepta avec empressement et obtint de Martin V des bulles qui des bords de la Loire le faisaient passer au sein des Alpes. Il se hâta de prendre possession de son nouveau siège, se consacra à ses devoirs de pasteur, visitant, prêchant son troupeau, sans cesser, ainsi qu'on Ta vu, d'entretenir avec Charles VII et la cour une correspondancece cordiale et vraiment épiscopale.

Eugène IV voulut mettre à profit les talents diplomatiques de l'archevêque d'Embrun : il le chargea de ramener à de meilleurs sentiments les factieux de Bâle ; mais ces négociations furent arrêtées par la mort du négociateur arrivée en 1432.

Tel est l'homme qui, outre la correspondance sur Jeanne d'Arc, ignorée jusqu'ici, a publié sur l'héroïne un traité latin depuis longtemps signalé. On en trouve deux exemplaires à la Bibliothèque nationale *, et la bibliothèque de Grenoble en possède un troisième. Quicherat en a donné dans sa collection les parties purement historiques; il a dédaigné le reste comme n'étant que fatras. Ce jugement, sans être complètement immérité, est cependant trop sévère, quoique peu étonnant de la part du paléo-

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