‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 4)Chapitre 36 sur 381 · L'AUTEUR DU « BREVIARIUM HISTORIALE » ET SON ÉCRIT SUR LA PUCELLE · texte numérisé non relu

L'AUTEUR DU « BREVIARIUM HISTORIALE » ET SON ÉCRIT SUR LA PUCELLE

l'empereur Sigismond, Ebérard de Windecken, qui écrit : Quand la Pucelle arriva auprès du dit roi^ elle lui fit promettre trois choses : la première^ de se démettre de son royaame^ d'y renoncer^ et de le rendre à Dieu de qui il le tenait^ ^ etc.

Le clerc de Rome nous apprend de quelle manière se fit cette renonciation, cette démission : elle se fait entre les mains de Jeanne, parce que Jeanne est mandataire de Notre Seigneur, et qu'elle pouvait dire et disait en effet qu'il n'y avait de salut qu'en elle, parce que son Seigneur le voulait aifisi^. Ce n'est pas au nom de Charles qu'elle somme Anglais et Bourguignons de lui obéir, c'est au nom du fils de sainte Marie, au nom du roi du ciel. Dépositaire du royaume de France, elle le remet à Notre Seigneur, tanquam donataria regni Francise illud remisit Deo omnipotenti^ écrit toujours le chroniqueur. Puis, sur l'ordre du ciel, elle investit le vassal qui, par l'acte qu'il vient d'accomplir, a rendu l'hommage réclamé par le suzerain.

Précieuse investiture, elle forme le titre le plus auguste de la vraie légitimité. Rien d'étonnant que Jeanne en ait exigé un acte solennel, signé des quatre secrétaires du roi. Tout solennel qu'il était, cet acte l'était moins que celui par lequel le descendant de Robert le Fort et de Philippe Auguste, l'héritier de Philippe le Bel, devait, en présence de l'univers ébahi, se laisser conduire à la ville du sacre, par la main de la plus humble des filles de son royaume.

Il fallait une charte de cette investiture nouvelle; l'auteur du Breviarium nous dit comment elle fut rédigée. Si Charles VII et ses successeurs avaient compris, ils auraient fait enchâsser le merveilleux parchemin dans l'or et la >oie; ils l'auraient entouré de pierres précieuses, car ils n'avaient pas dans leur trésor diamant comparable. Ils l'auraient relu et médité tous les jours. Non seulement ils seraient aujourd'hui sur le trône, mais l'univers serait dans les bras de Jésus-Christ, et ce serait la France qui Ty aurait placé.

N'y aura-t-il donc personne qui puisse faire comprendre cette vérité qui les renferme toutes, aux descendants de Hugues Capet et de saint Louis? Celui qui leur persuadera de la reconnaître, de la proclamer par leurs paroles et par leurs œuvres, les remettra sur le trône, et aura relevé la France et le monde.

L'élite des théologiens faisait des traités sur la céleste apparition, non seulement en France, en Italie, mais aussi en Allemagne. Il nous en reste deux de ce dernier pays.

{, Voir dépos. du duc d'Alençon, Procès, t. IH, p. 91. Ebérard de Windecken, Md,, i. IV, p. 485, et dans Jeanne d'Arc sur les autels, liv. I, chap. ii, de la page 13 à 31. 2. Dépos. de Jean de Metz, t. II, p. 435.

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