‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 4)Chapitre 42 sur 381 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Sommaire : I. — Enlhousiasme religieux du parti français. — On en fait un crime à la martyre. — Prière liturgique pour le succès des armes du roi.

II. — Consternation du parti français à la nouvelle de la captivité. — Lettre de Gelu à Charles VII. — Oraisons pour la délivrance, processions de pénitence.

m. — Correspondance deRégnault de Chartres avec les habitants de Reims. — Le berger du Gévaudan. — Réflexions.

Tous les royaumes de la chrétienté étaient dans la stupeur : omnia christianortim régna sttipebant, écrit un savant contemporain étranger, le dominicain Jean Nider\ On venait en France pour s'assurer d'un fait tel que, comme nous l'a dit Fauteur de l'abrégé de l'histoire du monde, les annales humaines n'en avaient pas enregistré de semblable. Quel ne dut pas être et quel ne fut pas l'enthousiasme du parti français ! Il créa l'armée qui, en quelques semaines, conquit la Champagne et l'Ile de France, et eut chassé l'Anglais, sans les ténébreuses menées de la Trémoille, et de ceux qui s'engraissaient des malheurs de la France.

Un des griefs que le sanhédrin de Rouen chercha à échafauder contre Jeanne fut tiré des hommages qu'elle recevait dans son parti. Elle confesse qu elle avait grand'peine à se dérober à ceux qui voulaient lui baiser les mains, que les femmes faisaient toucher leurs anneaux à son anneau. Elle se soustrayait de tout son pouvoir, dit-elle, à tous ces honneurs, et ne faisait d exception que pour les pauvres qu'elle n'eut jamais le courage d'écarter. La dame Régnier de Bouligny, qui avait eu l'honneur de lui donner Thospitalité à Bourges, raconte que les femmes présentaient à la céleste envoyée dos objets pieux à toucher. Jeanne riait, et se tournant vers son hùtesse, elle lui disait: Touchez-les, vous; ce sera aussi banque si c'éiaii moi *.

Page 1