POST-COMMUNION
« Écoutez, Dieu tout-puissant, les prières de votre peuple ; par les sacrements que nous venons de recevoir, et à Tintercession de la Bienheureuse Vierge Marie et de tous les aints, brisez les fers de laPucelle qui, accomplissant les œuvres ordonnées par vous, a été et est maintenant renfermée dans les prisons de nos ennemis ; que votre divine compassion et miséricorde lui donne d'accomplir, saine et sauve, le reste de sa mission. Par Notre-Seigneur*. »
Le clergé du quinzième siècle n'ignorait pas avec quelle réserve il faut procéder, en tout ce qui regarde les prières de l'auguste Sacrifice; il connaissait l'axiome : la règle de la prière détermine la régie de la foi; mais à ses yeux, la mission divine de la Pucelle était aussi claire que le jour; l'on va entendre les ennemis de Jeanne nous dire que c'était la croyance de presque toute l'Église d'Occident.
Il croyait, avec une égale fermeté, que Jeanne n'avait pas encore rempli toute sa mission; et c'était, on ne saurait trop le redire, la foi de la céleste envoyée elle-même ; mais avec Gerson, avec le clerc de Spire, avec la théologie et le bon sens, le clergé pensait qu'une faveur si unique accordée à la France, demandait et demande encore, de la part des privilégiés, une correspondance en rapport avec la grandeur du bienfait. Consterné par le coup qui interrompit brusquement d'ineffables espérances, il ne désespérait pas de les voir se réaliser, si la pénitence rouvrait la source des faveurs suspendues.
Voilà pourquoi Gelu demandait des expiations. Il s'en fit au moins à Tours. Quicherat a découvert, parmi les manuscrits de la Bibliothèque nationale, une histoire inédite de la Touraine par Carreau. Après avoir dit dans quelle consternation la nouvelle de la captivité de Jeanne avait jeté la ville, l'historien ajoute : « On ordonna des prières publiques pour