Voir le texte aux pièces justificatives, C
demander à Dieu sa d<^Iiyrance. On fit une procession générale, à laquelle assistèrent les chanoines de Téglise cathédrale, le clergé séculier et régulier, tous nus pieds ^, »
Pourquoi faut-il que, dans le parti national, se soit trouvé un haut dignitaire ecclésiastique et politique, qui se montra plus résigné? Le président même de la commission qui à Poitiers ouvrit la carrière à la libératrice, Régnault de Chartres, a laissé échapper sur le douloureux événement des paroles qui entachent sa mémoire, et lui sont amèrement reprochées. Il faut savoir les faire connaître.
Régnault de Chartres, à la suite du sacre, entretint une correspondance active avec sa ville archiépiscopale, pour la maintenir dans la fidélité au roi de France, et la mettre à Tabri d'un coup de main des Anglo- Bourguignons, très désireux de la reprendre. Ses lettres, longtemps conservées, n'existent plus ; le vandalisme révolutionnaire les aura sans doute détruites, comme tant d'autres documents de notre histoire. Elles existaient au dix-septième siècle, lorsque le Rémois Rogier, mort en 1631, donnait un recueil des chartes de Reims, et lorsque le docteur Marlot écrivait une histoire de la métropole de Reims, imprimée en 1679. Tous deux affirment que les originaux se voient dans les archives de la ville; l'un et l'autre donnent le résumé des lettres, ou de la lettre de l'archevêque, au sujet de la prise de la Pucelle.
Voici la traduction du texte de Marlot : « L'archevêque, dans d'autres lettres, raconte comment la Pucelle, dans une sortie de Compiègne, du côté de Clairoix, pour en déloger Bodon de Noyelle, s'est vue entourée par les Bourguignons, accourus au secours de ce dernier, a été par eux renversée de cheval, prise, et conduite à Marigny; il dit qu'elle avait mérité ce malheur, parce qu'elle avait une confiance excessive en ses forces et en son propre sens. L'Archevêque ajoute que des montagnes duGévaudan, du diocèse deMende, est arrivé récemment au roi un jeune berger, qui se donne comme devant continuer la mission de la Pucelle ; il dit être suscité par Dieu pour aller avec les armées du roi, et que, sans faute, les Anglais et les Bourguignons seront bientôt mis en déroute. Et comme on lui objecte que les Anglais avaient fait mourir Jeanne (elle avait été brûlée à Rouen, ajoute Marlot, le 30 mai, veille de la fête du saint-sacrement,