L'UMVERSITÉ DE PARIS ET LE. GRAND SCHISME D'OCCIDENT
avait inscrit ce môme nom sur les tableaux et les murs des édifices saints.
L'Université de Paris, cette conseillère écoutée^ qui avait la grande part dans les affaires de la plus haute conséquence^ fit publier par le pauvre roi le rétablissement de Tobédience (30 mai 1403)*.
Ce ne fut pas sans envoyer ses ambassadeurs au Pontife qu'elle reconnaissait pour la seconde fois. S'ils étaient chargés de déclarer que l'Université et le roi se remettaient sous sa houlette, ils devaient aussi lui poser leurs conditions, et lui faire des remontrances hautaines. Cette mission délicate échut à Gerson qui n'avait pas approuvé la soustraction d'obéissance, et que son maître Pierre d'Ailly avait combattue plus fortement encore. Le chancelier mit à s'acquitter de la partie pénible de sa mission des ménagements que blâmèrent ses collègues.
L'habile Pierre de Lune, fort de l'amende honorable qui lui était faite, ne tint pratiquement aucun compte des avertissements qui lui étaient donnés. 11 revendiqua l'exercice de la puissance pontificale qu'on lui reconnaissait. L'Université de Paris ne l'entendait pas ainsi. Dès 1406 elle machine une nouvelle soustraction d'obéissance, et en prépare les voies.
Elle condamne l'accablante lettre de l'Université de Toulouse. Le parlement déclare qu'elle sera brûlée sur le pont d'Avignon, à Toulouse, à Montpellier, à Carcassonne et ailleurs comme hérétique, perverse, fausse, mauvaise*.
A la requête de l'Université, le parlement prononce, et le roi ordonne que Benoit XIII sera privé des ressources financières qu'il trouve dans la distribution des bénéfices, et le 18 février 1406, il est arrêté que l'on fera une nouvelle soustraction, qui sera proclamée en temps opportun. Ceux qui comme Pierre d'Ally, Pilastre doyen de Reims, et dans la suite archevêque d'Aix, combattent cette résolution, encourent l'indignation de l'assemblée qui parle de retrancher de son sein ceux qui ne partagent pas ses fureurs '\
Pierre de Lune averti lance l'excommunication contre ceux qui en viendraient à la soustraction. Les porteurs de la Bulle saisis sont jetés en prison.
De l'avis de la conseillère, qui avait la grande part dans les affaires de conséquence^ on annonce une séance d'une exceptionnelle solennité, à laquelle le peuple est convoqué. Les Bulles de Benoît XIII y sont publiquement lacérées; le Pontife, sous l'obéissance duquell'Université s'était
\. DuBocL.vY, t. V, p. 65.