Idem, p
to riens les plus modérés, à seize cents victimes; il en est qui les portent à cinq mille. Jean sans Peur rentrait à Paris avec la reine Isabeau le 14 juillet sous une pluie de fleurs. Les tueries ne cessèrent pas pour cela. On se défaisait de ses ennemis en les qualifiant d'Armagnacs. Le 21 août fut, comme le 29 mai et le 12 juin, une journée de général massacre. Le duc de Bourgogne finit par faire couper la tôte au principal meneur, le bourreau Capeluche, qui lui avait touché la main.
Quelle fut durant cette période de sang la conduite de l'Université? Ceux de ses suppôts connus pour être Armagnacs furent tués ou prirent la fuite. Le collège de Navarre, le collège de la cour, fut saccagé, la bibliothèque exceptée; mais tous étaient loin d'être Armagnacs: celait le petit nombre. Juvénal des Ursins nous représente Capeluche abordant le duc de Bourgogne aussi hardiment que s'il eut été un seigneur. accompagné qu'il était de ceux qui lui donnaient confort, autorité et aide... de ceux de V Université, des faux sei^nionneurs et prêcheurs\ Cliuifart, qui devait gagner à cette révolution de succéder à Gerson dans la charge de chancelier de l'Université, nous dit que le 3 juillet fut faite une des plus belles processions que oncques on eut vue. Or, continue-t-il, rUniversité — ce qui n'est guère conforme aux règles de la liturgie — s'était fondue dans les rangs des bourgeois : et allaient les gens de f Université deux à deuxy c'est à savoir que chacun maître allait tin bourgeois au-dessous de lui, et tous les autres semblablement *.
Ce qu'il ne dit pas, c'est l'ordre donné à l'Université et exécuté par elle d'avoir à révoquer et à radier de ses registres tout ce qu'elle avait fait contre Jean Petit et ses doctrines. Ce ne fut pas assez pour le Bourguignon triomphant; il lui fallait une réparation plus éclatante. A la suite dune procession générale le peuple fut convoqué à Notre-Dame; l'Université était présente avec les nouveaux dignitaires créés par le sans Peur. L'évêque, malade fort à propos à Saint-Maur-des-Fossés, avait délégué des vicaires munis de ses pleins pouvoirs. En son nom, il^ rétractèrent la sentence portée en 1414 contre Je^n Petit et ses doctrine5. et déclarèrent que Jean sans Peur était le soutien de la couronne do France. Dans un discours consacré à sa louange, un docteur en théologie de l'ordre de Saint-François le comparait à Véchalas qui soutient lo vigne. La vigne c'était sans doute les Cabochiens et le parti dont le sans Peur était l'idole ^
Cependant Martin V à peine élu avait cherché à mettre un terme aux maux de la France. Des nonces de choix avaient été envoyés à Pariï'