‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 4)Chapitre 7 sur 381 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

phiiosophisme, ont disparu devant tant de flambeaux de toute gran< deur, rallumés par des mains honnêtes !

Quicherat se mit à Toeuvre. Il publia successivement de 1840 à 1849 cinq volumes sous le titre de Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc : précieuse collection, indispensable à quiconque veut étudier sérieusement Jeanne d'Arc. Les trois premiers volumes seulement sont consacrés au double procès ; dans les deux autres se trouvent rassemblées toutes les pièces que Quicherat regardait comme formant les sources de l'histoire de la Pucelle.

Quicherat eut une mauvaise inspiration, dont il nous rend compte en ces termes : « Le vœu de la Société de THistoire de France était de publier intégralement le procès de réhabilitation. Sans la faire manquer au but qu'elle voulait atteindre, j'ai cru pouvoir lui conseiller une réduction notable, à l'égard des mémoires consultatifs, ainsi que de la récollection de Jean Bréhal; ces ouvrages en effet n'ont rien d'historique. On ne fait qu'y discuter l'orthodoxie de Jeanne ou la légalité de sa condamnation, d'après les circonstances consignées au procès. Ouvrages de jurisprudence ou de théologie, ces mémoires auraient grossi mal à propos, d'un volume, la présente édition ; joint à cela qu'ils sont si mal rédigés la plupart, qu'Edmond Richer, tout théologien qu'il était, avait prononcé leur exclusion, lorsqu'il projetait la publication du procès*. »

Quicherat s'est contenté d'en citer quelques lambeaux qui n'en donnent pas une idée; de fournir sur leurs auteurs quelques notes fort incomplètes, et parfois peu bienveillantes.

C'est une très grande lacune ^. Les mémoires dédaignés ne méritent pas le mépris dont ils sont l'objet. Ils jettent le plus grand jour sur la figure de Jeanne, parce qu'ils la montrent dans sa vraie lumière, le surnaturel. Vouloir écarter ce soleil, c'est vouloir, par une journée de brouillards, contempler la chaîne des Alpes ou des Pyrénées par les fentes d'une obscure caverne. L'école naturaliste, en face de la Pucelle, est condamnée à semblable posture, et par suite, au délire.

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