‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 4)Chapitre 95 sur 381 · L'UNIVERSITÉ ET LA MISE EN JUGEMENT DE LA PUGELLE · texte numérisé non relu

L'UNIVERSITÉ ET LA MISE EN JUGEMENT DE LA PUGELLE

tenir sa consommation, elle portait Courcelles à la suprême magistrature*.

La nouvelle que le roi d'Angleterre était déjà en possession de Théroïne, ou allait le devenir, produisit dans son sein les sentiments d'allégresse exprimés, pour son éternel opprobre, dans les deux lettres que Ton va lire. La première est adressée à Cauchon. L'évêque y est grondé de la lenteur qu'il met à juger celle qu'il a poursuivie avec tant d'insistance durant plusieurs mois. Doux reproche : Cauchon a été jaloux de le transmettre à la postérité, c'est une des premières pièces du prétendu procès de Rouen. Voici la lettre traduite du latin :

« Au révéré Père dans le Christ et Seigneur, au seigneur évéque et comte de Beauvais. C'est un sujet d'étonnement pour nous, vénéré Père et Seigneur, qu'au détriment de la foi et de la juridiction ecclésiastique, l'on mette de si longs délais à juger cette femme que le vulgaire appelle la Pucelle, alors surtout qu'on la dit entre les mains du roi notre maître.

« Les princes chrétiens sont dans l'usage de se montrer très favorables à tout ce qui intéresse l'Église et l'orthodoxie de la foi. Quelque téméraire vient-il à se montrer en opposition avec ses dogmes, aussitôt ils s'empressent de le livrer à la correction de la justice ecclésiastique.

« N'est-il pas permis de penser que si votre Paternité eut déployé plus de diligence et d'activité, la femme susdite serait en ce moment devant les tribunaux de l'Eglise? Vous occupez un rang élevé dans cette Eglise; il vous appartient grandement de faire disparaître les scandales commis à rencontre de la religion chrétienne, alors surtout que vous devez en juger à raison de votre juridiction.

w n ne faut pas que, par de plus longs retards, l'autorité de l'Eglise ait à souffrir des dommages encore plus grands. Que le zèle de votre paternité daigne n'omettre aucun soin pour que la femme susdite soit mise en vos mains et aux mains de l'Inquisiteur de la perversité hérétique.

« Si cela est déjà fait, veuillez vous employer pour qu'elle soit conduite dans cette ville de Paris, où abondent les sages et les savants. Sa cause pourra y être examinée avec plus de soin, on pourra porter un jugement plus mûr; le tout pour la bonne édification du peuple chrétien, et pour riionneur de Dieu.

« Que sa lumière. Père Révérend, daigne vous diriger spécialement en toutes choses.

« Ecrit à Paris dans notre assemblée générale, solennellement tenue aux Mathurins, le vingt et unième jour de novembre 1430.

« Vôtres, le Recteur et l'Université de Paris.

Signé : Hébert '. »

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