‹ La vraie Jeanne d'Arc (volume 4)Chapitre 96 sur 381 · Du Boula Y, t. V, p. 920, I^omenclatura Reclorum · texte numérisé non relu

Du Boula Y, t. V, p. 920, I^omenclatura Reclorum

2, Procès, t. I, p. 15.

Ainsi donc, à s'en tenir à ce document, l'Université aurait devancé Cauchon lui-même dans la poursuite de la victime. Elle marchait tout au moins pleinement de concert avec son conservateur des privilèges.

Elle écrivait en même temps au roi d'Angleterre, c'est-à-dire à ceux qui gouvernaient au nom de ce roi de onze ans, la lettre suivante dont je rajeunis légèrement les tours et les termes, en respectant scrupuleusement le sens.

(* A très excellent prince, le roi de France et d'Angleterre, notre très redouté souverain seigneur et prince.

« Très excellent prince, notre très redouté et souverain seigneur et père, nous avons appris récemment que cette femme dite la Pucelle est rendue à présent en votre puissance ; ce dont nous sommes grandement joyeux, confiants que par voire bonne ordonnance icelle femme sera mise en justice, pour réparer les grands maux et scandales advenus notoirement à son occasion dans ce royaume, au grand préjudice de riionneur divin, de notre sainte foi, et de tout votre bon peuple.

« Et parce qu'il nous appartient singulièrement par notre profession d'extirper de telles manifestes iniquités, surtout quand notre foi catholique en est endommagée, nous ne pouvons, au fait de cette femme, dissimuler le long retard de justice qui doit déplaire à tout bon chrétien, surtout plus qu'à nul autre à votre royale Majesté, vu la grande obligation que vous avez à Dieu, en reconnaissance des hauts biens, honneurs et dignités, qu'il a octroyés à votre excellence.

« Quoique à ce sujet nous ayons plusieurs fois écrit comme nous le faisons à présent, notre très redouté et souverain seigneur et père; quoique nous ayons très humblement et loyalement fait des instances, de manière à ne pas encourir le reproche de négligence, dans une si favorable et si nécessaire matière ; nous supplions très humblement, et, en l'honneur de notre Sauveur Jésus-Christ, nous prions très vivement votre haute excellence, qu'il vous plaise d'ordonner que cette femme soit mise très promptement aux mains de la justice de l'Église, c'est-à-dire de Révérend Père en Dieu notre honoré seigneur TEvêque et comte de Beauvais et aussi de l'Inquisiteur établi en France. La connaissance de ses méfaits en ce qui touche notre dite foi leur appartient spécialement. Par voie de raison ils feront discussion convenable des charges qui sont sur elle, et exigeront telle réparation comme au cas appartiendra, en gardant la sainte vérité de notre foi, et en mettant toute opinion fausse et scandaleuse hors du cœur de vos bons, loyaux et chrétiens sujets.

« Il nous semble fort convenable, si c'était le plaisir de votre Hautesse,

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