Prima facie credebant eam fatuarn
pensaient lui en faire ouverture, ils étaient saisis d’une telle honte qu’ils n’osaient en ouvrir la bouche, ou en souffler un mot*.
Jeanne m’a raconté que le duc de Lorraine, atteint d’une certaine infirmité, voulut la voir; qu’elle lui avait parlé et lui avait dit qu'il se conduisait mal, qu’il ne guérirait jamais s’il ne s’amendait pas; et quelle l'avait exhorté à reprendre sa bonne épouse ^
Jeanne abhorrait le jeu de dés.
Elle était très simple, ignorante, et en dehors du métier de la guerre, elle ne savait, à mon avis, absolument rien*.
Je me rappelle que, durant qu’elle demeurait à ma maison, plusieurs femmes venaient chez moi. apportant des « paternoslres » et semblables objets, pour qu’elle les touchât. Jeanne en riait, et me disait : Touchezles, vous, votre toucher sera bien aussi bon que le mien^.
Jeanne était très large en aumônes; elle prenait le plus grand plaisir à subvenir aux nécessités des indigents et des pauvres ; elle disait être envoyée pour la consolation des pauvres et des indigents ^
Je l’ai vue plusieurs fois aux bains et aux étuves ; et autant que j’ai pu m’en apercevoir, je crois qu’elle était vierge.
Ce que je sais, c’est que, en dehors des armes, ainsi que je l’ai dit, c’était tout innocence de son fait; elle maniait le cheval, et portait les armes aussi bien que le plus habile des hommes d’armes ; ce qui émerveillait les guerriers®.
(Quarante-et-un témoins viennent d’être entendus dans ce second chapitre; sept l’ont été dans le premier. Si le lecteur se demande ce qu’il y a à ajouter pour avoir le portrait d’une sainte éminente, il se posera la question de celui qui vient de traduire leurs dépositions avec toute la fidélité dont il est capable. Ce sont maintenant les premiers guerriers de l’armée qui vont nous dire ce que fut sous leurs yeux la Vénérable et vaillante Vierge.)
4. Dum credebant loqui de illo,pudebat laliter eos quod eidem non audebant loqui, nec habere cum eà verbum.
2. Eidem dixerat quod se malè regebal, et quod nunquam sanarelur nisi se emendaret, eumdemque exbortaveral ut ipse reciperet suam bonam conjugem.
3. Jobanna erat multum simplex et ignorans, et nihil pemtcs sciebat, videre ioquentis, nisi in facto guerræ.
4. Plures mulieres veniebanl ad domum Ioquentis, dùm Jobanna in eâdem morabatur, et apportabant Patenwstres et alia signacula, ut ipsa tangeret ea, de quo ipsa Jobanna ridebat, eidem loquenti dicendo : « Tangatis vosmet, quià ilà bona erunt ex tactu veslro, sicut ex meo. »
3. Erat Jobanna multum larga in eleemosynis, et libentissimè subveniebat indigenlibusel pauperibus, dicens quod erat missapro consolatione pauperum et indigentium.
6. El quidquid scil, erat tola innocenlia de suo facto, nisi in armis, ut supra dixit, quia equitabal cum equo, porlando lanceam, sicut melior arrnatus fecisset, et de boc mirabantur armali.