‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 104 sur 296 · LE SEIGNEUR RAOUL DE GAUCOURT (F°“ A LXVII, B 100, U · texte numérisé non relu

LE SEIGNEUR RAOUL DE GAUCOURT (F°“ A LXVII, B 100, U

Il a été dit que Raoul de Gaucourt était bailli d’Orléans, lorsque Jeanne y fit son entrée ; les étapes de sa noble carrière ont été indiquées dans le volume : la Libératrice (p. 8). La traduction de son témoignage va nous faire connaître qu’à l’autorité des services rendus, le témoin, ajoutait l’autorité d’une vieillesse prolongée.

La même année que le précédent (1456), le 25 février, noble et puissant homme, le seigneur Jean {Raoul) de Gaucourt, chevalier, grand maître de la maison du roi, âgé de quatre-vingt-cinq ans, a comparu comme témoin, et a répondu ainsi qu’il suit aux interrogations posées sur les mêmes articles que ceux soumis au seigneur Dunois.

J’étais, a-t-il dit, au château de Chinon, lorsque la Pucelle y arriva ; j’étais présent lorsqu’elle parut devant la majesté royale, en grande humilité et simplicité, comme une pauvre bergerette*. Je l’ai entendue adresser au roi les paroles suivantes : « Très illustre seigneur Dauphin^ je suis venue envoyée par Dieu, afin de venir en aide à vous et au royaume. » Le roi alors la vit, l’entendit, et pour plus ample information sur ce qu’elle était, il ordonna qu’elle fût mise sous la garde de Guillaume Bellier, bailli de Troyes, maître de son hôtel, mon lieutenant à Chinon. La femme de Bellier était une personne de grande piété, et singulièrement recommandable dans l’estime de tous.

Le roi voulut de plus que Jeanne reçût la visite des clercs, des prélats, des docteurs, pour savoir s’il devait ou s’il pouvait licitement ajouter foi à ses paroles; ses ordres furent exécutés. Les paroles et les actes de Jeanne furent examinés par les ecclésiastiques, durant trois semaines et plus, tant à Poitiers qu’à Chinon. Les clercs, leur examen dûment terminé, jugèrent qu’il n’y avait rien de mal ni dans sa personne, ni dans ses discours. A la suite de nombreux interrogatoires, on demanda à la Pucelle, quel signe elle montrait pour qu’on ajoutât foi à ses promesses. Elle répondit que le signe qu’elle donnerait serait de faire lever le siège et déporter secours à la ville d’Orléans.

Elle quitta alors le roi, et vint à Blois. C’est là que pour la première fois elle revêtit son armure pour conduire un convoi de vivres à Orléans

1. Viditque eam quandu præsentavit se in conspeclu regiæ majestati cum magna humilitate et siiiiplicitate,sicutuna paupercula bergereta. — Une faute d'inadvertance a fait omettre le mol sicut dans 1 édition de Quicherat.

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