‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 120 sur 296 · COSME-RATMOND DE CRÉMONE · texte numérisé non relu

COSME-RATMOND DE CRÉMONE

Voici en quelques mots ce que, d’après M. Mercati, fut Cosme-Raymond de Crémone. Né pauvre, il s’éprit cependant de l’éloquence de Cicéron et de la poésie de Virgile, et aspira à prendre rang parmi les humanistes de son temps. Sa fortune ne lui fournissant pas les ressources nécessaires, il vint à Milan chercher des Mécènes, et n’en trouva que de bien insuffisants, puisque, vers 1431 ou 1432, il passa à Avignon pour y donner des leçons de latinité. Elles furent si peu lucratives que, de misère et de désespoir, Raymond de Crémone finit par se pendre en 1 436.

La lettre qui va être traduite, tirant ses arguments de la Bible et de l’Astrologie tout à la fois, mêlant des phrases italiennes au texte latin qui en est la langue courante, n’est pas pour démentir l’idée d’esprit mal équilibré qui ressort des quelques lignes qui nous ont fait connaître Raymond de Crémone. Cette lettre a pourtant son prix en ce qu’elle nous fait connaître la profonde émotion produite en Italie par les nouvelles qui arrivaient de France. On y voit que les assurances les plus positives et les plus réitérées des merveilles accomplies par la Vénérable ne triomphaient pas de l’incrédulité que suscitaient des événements que l’on ne vit qu’une fois.

M. Mercati nous dit que, laissant de côté plusieurs points étrangers à Jeanne d’Arc, il reproduit fidèlement tout ce qui a rapport à l’incomparable Pucelle.

« A très illustre et très distinguée personne , excellant dans tous les beaux-arts^ le seigneur Jean Cortin^ d'Arezo^ sénateur du Duchés Cosme-Raymond de Crémone offre ses plus honorables salutations.

« Le doute et l’incertitude, clarissime seigneur, m’ont souvent travaillé au sujet des nouvelles qui nous arrivent de France. Faut-il ou ne faut-il pas les croire ? Les nouvelles sont consistantes, vont grossissant. Il y a là, ce semble, une forte ressemblance avec ce qui est la vérité. D’un autre côté la nouveauté, la grandeur d’un événement inouï jusqu’à ce jour produisent chez plusieurs un étonnement accompagné d’un doute qui les rend entièrement incrédules aux nouvelles qu’on répand.

« Il en est qui ne peuvent pas croire que pour relever, rasseoir, rendre H son antique grandeur, un pays aussi illustre, aussi étendu que la France, accablé, ravagé depuis tant d’années par les Anglais, Dieu ait choisi, délégué une femme, une fillette, et une fillette ayant passé sa vie à la suite des troupeaux et des bestiaux, issue de parents non seulement

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