‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 126 sur 296 · CHAPITRE ni · texte numérisé non relu

CHAPITRE ni

LA VifeRGÈ-GUfeRRtÊftE D’ARRÊS GÏOVANNÎ SARADÎNO ET PHILIPPE DE RERGAME.

SbMiÉAinfe: l. — Giovan:« SaradiNo et son livre Gifie^era de le date donne, — La vierge Camille. — Violents exercices attribués à la Pucelle adolescente. — Sa vertu. — La France à Tagonie. — La Pucelle à Chinon, moquée, admise à l’audience du roi. — Secrets révélés. — Portrait de la Pucelle à la tête de l’armée. — Délivrance d’Orléans. — Supposée avoir combattu huit ans, et remporté trente-deux victoires. — Le sacre du roi. — Inutile tentative du roi anglais de se faire sacrer avec l’huile de la sainte ampoule. — La Pucelle prise et brûlée. — Monument expiatoire élevé par Charles VII et révision des procès sous Louis XI. — Supplice de deux des bourreaux.

II. — PniLîprfe DE Dergame. — Notice sur sa vie et ses ouvrages. — Ce qu’il dit de la Pucelle dans son abrégé d’histoire universelle. — Nullité de la valeur historique de ce qu’il en raconte dans son livre de Claris Mulieribtis, — Son portrait de la Pucelle. — Comment elle aurait été suscitée. — Portrait de la guerrière. — Ce qu’il lui fait accomplir à Orléans. — Comment le moine augustin a été renseigné. — RéHexion.'.

Giovanbi Sabadiûo degli Arienti est üû Bolonais, né vers le milieu du XV* siècle, secrétaire de Benlivoglio, alors podestat de cette ville. Entre Autres œuvres qu’il composa pour plaire à ses maîtres, et spécialement à celle qui fut successivement l’époüse de deux Bentivoglio, se trouve un recueil portant le titre original de Ginevem de le clore donne : Genièvre des illustres dames. Le titre est une allusion qui ne manque pas de finesse à la dame du podestat dont le nom était Ginevera, fille d’Alexandre Sforza.

Autour de Ginevera, qui tient le premier rang dans la pensée de l’auteur, et à laquelle il revient souvent, Sabadino a groupé trente-deux autres dames des temps modernes, en sorte que son Genièvre est composé comme de trente-trois branches odorantes.

La Pucelle est une des trente-trois dames de la Ginevem. La notice que lui consacre Sabadino n’est pas exempte de fables et de faussetés, qui s’expliquent par les intermédiaires dont il dit tenir son récit. C’est, dil-il, le gentil marchand, Fileno Tuvata, qui l’a appris, lorsqu’il était à Biamone (??), à trois lieues de Reims. Fileno Tuvata aurait reçu la merveilleuse histoire de deux soldats qui étaient pages dans les armées que la Libératrice conduisait à la victoire. Tuvata ou ses narrateurs ont pro-

GlOVANNt SAbADINO.

longé de six ans le séjour de Jeanne dans les armées, et ont parlé de la vie de Domrémy d’après leur imagination, qui leur a fait voir un tableau dont ne s’étaient pas doutés les témoins oculaires.

Le récit de Sabadino nous montre le souvenir que l’on gardait en Italie de la Libératrice cinquante ans après son supplice. Un des manuscrits de Sabadino porte, en effet, la date de 1483. Ce manuscrit a vu le jour quatre siècles plus tard.- MM. Gorrado Ricci et Bacchi délia Sega l'imprimèrent en 1888.

M. de Puymaigre traduisit ce qui regarde Jeanne d'Ârc dans la Revue de$ questions historiques (avril 1889), en faisant précéder sa traduction d’une étude à laquelle sont empruntés les détails qui pi*écèdcnt. Le laborieux érudit voudra bien nous permettre de lui emprunter aussi sa traduction.

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