I. Un an
GIOVANNI S4OADINO. S(|3
traire, lo vrai et légitime roi, Charles 4o Valois, voulut être sftpré, o|^ trouva que la céleste liqueur était revenue rairaciileusenteqt dans l'ampoule, et il en fut oint au milieu d’infinies louanges et d’actions de grâces rendues à Dieu.
Cette Pucelle Oeurissait, et était dons tout l’éclat de sa gloire militaire, vers les années de salut MCCCC; elle remporta ppa indoUê de triomphes et de victoires ; cependant, comme elle avaif prédit sa iport par le feu, elle tomba dans une bataille au popvoir des Anglais ses ennemis, et fut par eux conduite à l’ancienne Dotomagus, maintenant Donen. Ch les Anglais qui avaient soif de sa mort la firent par ordre de leur roi iniquement condamner à la peine du feu, l’incriminant publiqnement, par esprit de vengeance, d'être adonnée à la magie et à la sorcellerie.
Telle fut la cruelle fin de la belle et vaillante Ppcelle, & l’âge de vingtquatre ans, d’après ce qne l’on m’a dit. Dien des années plus tapd, Charles, ayant conquis Rouen, en mémoire de l’illustre Pucelle, fit élever, sur le lieu même où elle avait été brûlée, une grande crojx de hronxe dopé, hnement travaillée.
: Après la mort du roi Charles, Louis son hls, le père du roi actnel, attristé que celle qui avait sauvé le royaume eût été condqntuée â nue mort si ignominieuse et eût 6ni par un si cruel snpplice, obtint du |*ape l’envoi de Rome de deux auditeurs de Rqte chargés de revoir le procès fait à la Pucelle sur l’ordre du roi d’Angleterre. Par suite, den^ des mauvais juges furent cités ; un rapide examen du propès montra que tout avait été faux dans l’œuvre entreprise contre la Viei^e-Cperriêre, et qu’elle avait vécu en fidèle catholiqne et bonn^ chrétienne. C'est ppprquoi les deux J uges survivants furent condaipnés, et les restes de ceux qui élâient morts furent jetés au feu. Leurs biens confisqués servirent à la construction d’une belle ^lise sur la place où la Pucelle avait été brûlée, el â UU^ dotation qui permet d’y célébrer chaque jour un grand nombre de piesses.
Acte de piété digne de louanges, d’un roi qui n’a pes voulu qae la mémoire d’une telle Vierge restât dans Ip souvenir des homuias entachée d'une odieuse sentence ; car l’op doit croire que p’est la volonté de Dieu qui lui donna un si grand courage pour la gloire de pieu et la délivrance du très chrétien royaume de France.
JACQUES-PHIUPPB OE BEBGAMC.
Jacques-Philippe de Bei^ame, Foresti de son noqi de fantiHe, fut contemporain de Sabadino. Il naquit en 1435 à Soldio près de Rergautêi
204 LA VIERGE-GUERRIÈRE DANS LA CHRÉTIENTÉ
entra dans l’ordre des Hermites de Saint-Âugustin, et y vécut longtemps, étant plus qu’octogénaire en 1520.
Comme saint Antonin, comme le clerc de Martin Y, comme l’auteur de la Chronique dite des Cordeliers, comme l’Allemand Hermann Correrius, il composa, lui aussi, une Histoire universelle, de la création du monde au temps où il vivait; ce qui prouve qu’à son époque le goût de l’histoire n’était pas aussi a£fadi qu’on le dit quelquefois.
L’Histoire universelle de Philippe de Bei^ame a pour titre : Supplementum chronicarum, ou Historiarum omnium repercussiones. Elle eut de son vivant plusieurs éditions, ce qui lui permettait d’ajouter aux éditions précédentes l’indication des faits survenus depuis la dernière impression. La Chronique de Philippe de Bergame fut même imprimée à Paris en 1525. L'exemplaire mis entre nos mains à la Bibliothèque nationale porte à la ân la date du 20 août 1513, et conduit l’histoire du monde jusqu’en 1510.
11 place la mort de Charles VII en 1457, et fait à cette date, — il s’occupe surtout des principautés d’Italie, — un abrégé du règne de Charles Vil, peu flatteur pour le prince sur le tombeau duquel, dit-il, on a gravé : Caries lo byn (le bien) servi.
Dans cet abrégé, où il confond les noms et les événements, il a sur la Pucelle les lignes suivantes : « Les Anglais et les Bourguignons étaient sur le point de chasser Charles de ses États. C’en était fait de son royaume, si Dieu ne se fût pas miraculeusement mis en travers par la vachère Jeanne la Pucelle.
« Nous avons soigneusement (serio) raconté l’histoire de Jeanne la Pucelle dans notre livre de Claris Mulieribus. Ce ne fut que sous les auspices et la conduite de la Pucelle que ce roi recouvra un royaume entièrement perdu.
« Les Anglais, étant parvenus à s’emparer de la jeune fille, par un excès de rigueur, la livrèrent aux flammes. C’est de cette sorte que, selon la prédiction de la Pucelle, la victoire repassa du côté de Charles, Dieu voulant montrer qu’il n’est pas de puissance humaine qui puisse rester stable, si elle s’appuie seulement sur ses propres forces. »
La Mazarine à Paris possède un exemplaire du livre de Claris Multeribus, imprimé àFerrare en 1497. Il a été exactement reproduit en 1521, par Ravisius Textor, dans son volume de Memorabilibtis et Claris Mulieribus aliquot diversorum scriptorum opéra. Ravisius Textor, un docteur de Navarre, a fait précéder et suivre sa compilation d’autres traités moins étendus que celui de Philippe de Bergame, et il la termine par le poème de Yaléran Vai'anius sur la Pucelle. Il en sera dit un mot dans la suite.