LETTRE DU SECRÉTAIRE DE LA VILLE DE METZ
vraisemblables, alors nv^^me qu'on ne les trouve pas relatées ailleurs. De ce nombre la soumission de Vitry, de Sainte-Menehould, d’Epernay; le refus des Flamands et des Picards de combattre hors de leur pays, refus opposé dans d’autres circonstances. La lettre confirme l’assertion de Jean Chartier que même des pays étrangers l’on venait combattre à la suite de la Pucelle. Le nombre des combattants qui la suivaient est cependant fort exagéré.
La date de la lettre serait inintelligible, si l’on fixait la fête de Sainte- Marguerite au 20 juillet, ainsi qu’elle l’est au martyrologe romain. L’obscurité disparait par la remarque des Bollandistes que certains diocèses, entre autres ceux de Verdun, de Tournay, et, pensons-nous, les diocèses lorrains, la célébraient le 13 juillet ; le samedi après la Sainte- Marguerite était par suite le 16 juillet. Nous n’avons ici qu'un extrait d’une lettre plus étendue. Le voici en français :
« Je vous écris aussi au sujet de la France sur le Dauphin et la Pucelle. t>lle-ci a bien trente-trois mille combattants à cheval, et quarante mille à pied. Le lundi avant la Sainte-Marguerite, ils vinrent à Troyes, et ils prirent ceux de dedans qui se trouvèrent réunis (???). De Châlons on est venu à Troyes apporter les clés de la ville, on les a remises au Dauphin et on lui a fait soumission. Ceux de Reims ont aussi tout préparé et disposé pour recevoir le Dauphin convenablement et dignement, et pour son couronnement. 11 y sera entre la Sainte-Marguerite et la Saint-
Jacques. 11 a le sire de [lacwie)^ qui est son principal capitaine, devant
deux villes pour la Sainte-Marguerite ; l’une du nom de Sainte-Menehould et l'autre de Vitry. Elles sont occupées, mais on pense qu’elles se rendront.
« Le duc d'Anjou, le comte de Richement, le comte d'Harcourt doivent se trouver à Reims avec la reine, le jeudi après la Sainte-Marguerite. Ils sont actuellement à Epernay qui s’est soumis au roi cette semaine. Et ce que l'on dit est bien vrai ; tout ce qu’entreprennent le Dauphin et la Pucelle leur réussit sans opposition.
Le duc de Bourgogne a [rCa pas) grande espérance; il aurait bien voulu avoir avec lui les Flamands et les Picards pour aider le Régent d’Angleterre son beau-frère; mais ils n’ont pas voulu l'aider hors de leur pays; et il est ainsi trop faible pour entrer en France.
M 11 y a environ huit semaines que plus de dix mille Anglais ont été tués ou faits prisonniers ; parmi eux plusieurs grands seigneurs.
« J'ai vu et lu plusieurs lettres envoyées de France au duc de Lorraine et à d’autres princes qui sont maintenant devant Metz*. Dans
I. Le duc de Lorraine faisait alors contre Metz la guerre dite de la hottèe de pommes. 11 avait avec lui, son gendre, René d’Anjou, qui en partit le 20 juillet pour aller rejoindre son beau-frère.
LA VIERGE-GLERRIÉRE DANS LA CHRÉTIENTÉ
ces lettres les événements sont rapportés en détail et très clairement.
« Un grand nombre de chevaliers parlent de ces pays allemands pour aller vers le Dauphin à Reims.
« Donné à Metz le samedi après la Sainte-Marguerite Tan du Seigneur 4429.
« Jean Desch, secrétaire de la ville de Metz. »