CHAPITRE \I
la vierge-guerrière D’APRÈS LES CHRONIQUES ÉCOSSAISES ET LES DOCUMENTS D’AUTRES NATIONS.
Sommaire : I. — Relations de la France et de l’Ecosse. — L’historien Walter Bower. - Son passage sur la Pucelle. - Prédite d’ajirès lui par sainte Brigitte. - Le passage de sainte Brigitte sur la guerre de Cent ans.
IL — le Livre de Pluscardin. — Notice sur ce livre : l’auteur dit avoir suivi la Pucelle depuis son arrivée à Chinon jusqu’à son supplice. - Raisons d’en douter. - Comment les Anglais auraient construit leur camp autour d’Orléans. - Désespoir et pieté de Charles VIL — Les Orléanais. — Combats autour d’Orléans. — Le débutdu chapitre annoncé sur la Pucelle.
ni. — William Caxton. — Son jiassage sur la Pucelle. — Fable sur le délai de son supplice.
Poncella dOrliemt. — Chronique espagnole qui n’est qu’une suite de fables sur I heroïne.
L héroïne connue à la cour de Byzance. — Idée que l’on s’en formait.
La France aux abois ne trouva dans aucun peuple de la chrétienté le secours que lui fournit l’Écosse. C’est de l’Écosse surtout que Charles Vil tirait ses auxiliaires, a-t-il été dit plusieurs fois. Les princes de la famille royale, le comte de Buchan' lils du régent Albany, des Stuarts, des prêtres, tels que Jean de Saint-Michel, dans la suite évêque d’Orléans, passaient en France avec de nombreux guerriers. L’histoire des deux nations se mêle durant cette période, et il est impossible de raconter l’une sans toucher à l’autre.
Deux chroniqueurs écossais de l’époque parlent de la Pucelle : lepremiei est Walter Bower, le second le moine de Pluscardin.
W alter Bower, né à Hadington en 1385, prit l’habit de moine à dix-huit ans, dans 1 abbaye de Saint-Colomb. II étudia la philosophie et les sciences sacrées dans son monastère et vint ensuite se perfectionner à Paris. Rentré à Saint-Colomb, il fut porté à la dignité abbatiale en 1418; il fut même appelé à prendre une part active au gouvernement du royaume
I. Et non (le Buctaii, ainsique c’est écrit au tome III, p. 12.