‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 142 sur 296 · LA VIERGE-GUERRIÈRE D’APRÈS L’ÉCOSSAIS WALTER BOWER · texte numérisé non relu

LA VIERGE-GUERRIÈRE D’APRÈS L’ÉCOSSAIS WALTER BOWER

d’Ecosse. Devenu plus libre en 1441, il s’occupa de travaux historiques. Au siècle précédent, Fordun, chanoine d’Aberden, avait entrepris de rédiger, sous le titre de Scoto-Chronicon^ les annales d’Ecosse depuis les temps les plus reculés, même avant l’ère chrétienne. Sur quatorze livres dont se composait son ouvrage, de cinq à six seulement avaient reçu une rédaction définitive ; les autres, quoique fort avancés, restaient encore incomplets. Bower reprit le travail, et conduisit le jus-

qu’à l’année 1436*.

Voici comment il parle de la Libératrice au sujet des affaires de France : « Vers ce temps, vint de Lorraine une Vierge toute jeune qui se disait envoyée par le Très-Haut, pour repousser et rendre impuissantes les prétentions des Anglais. Le roi ayant mis sous sa conduite deux mille hommes d’armes, elle vint à Orléans avec un convoi de vivres, après avoir envoyé devant elle un héraut porteur d’une lettre, par laquelle elle ordonnait aux assiégeants, de la part de Dieu, de quitter Orléans et la France, sous peine, s’ils désobéissaient, d’avoir à encourir de terribles châtiments. Le message fut non avenu, et le messager accueilli avec tant de mépris qu’on ne daigna pas lui donner une réponse à rapporter. La jeune fille, qui marchait toujours vêtue en guerrier, introduisit les vivres par bateau, conquit des bastilles, tua Glacidas avec plus de six cents de ses hommes, entra dans la ville, et en réconforta heureusement les habitants. Elle vint ensuite à Tours, auprès du roi, réunit de plus grandes forces, regagna Orléans avec le duc d’Alençon et le Connétable de France, et fit lever le siège.

« Les Anglais se retirèrent dans la place de Meung-sur-Loire. La Pucelle les poursuivit, et leur livra bataille en rase campagne; trois mille Anglais y trouvèrent la mort; il n’y périt que vingt hommes parmi les Français et les Écossais ; les sires de Talbot et de Scales y furent pris. La Pucelle, allant de l’avant, assiégea Jargeau et l’emporta par assaut. Le comte de Suffolk y fut fait prisonnier avec deux de ses frères *.

« A la suite de ces victoires, le roi, sur le conseil de la Pucelle, vint à Reims en Champagne ; il y fut couronné et sacré avec le chrême de Fampoule apportée par un Ange à Charles le Grand. Un Ecossais, Jean Kirkmichael, était alors en qualité d’évêque à la tête de l’Eglise d’Orléans.

« La Pucelle mit une garnison à Reims, vint à Senlis qui lui fit soumission, et ensuite à Saint-Denys qui lui ouvrit spontanément scs portes. Laissant le roi à Saint-Denys, la Pucelle vint avec dix mille hommes de

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