‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 144 sur 296 · Voy. I, p · texte numérisé non relu

Voy. I, p

4. Nous avons déjà rencontré ces vers quatre ou cinq fois; voy. texte et traduction, 111, p.628 et 258.

LA VIERGE-GUERRIÈRE D'aPRÉS L’ÉCOSSAIS WALTER BOWER. 299

Cette Pucelle commandait auprès de Meung, là où furent tués trois mille Anglais et furent faits prisonniers les seigneurs de Talbot, Willuby et de Scales. »

Tel est le passage de Bower sur la Pucelle ; il n’a voulu donner qu’un sommaire, particulièrement pour ce qui regarde la dernière partie de la carrière. C’est de mémoire que le chroniqueur écossais cite sainte Brigitte. Dans les premières années de la guerre de Cent ans, la sainte eut une vision ; elle voyait saint Denys se jeter aux pieds de la Mère de miséricorde et lui dire : « Ayez pitié de votre royaume de France, qui est aussi le mien. Miserere regno Franciæ txio et meo. 11 est vôtre parce que les habitants vous honorent selon leur petit pouvoir; il est mien parce que j'en suis le patron, et qu’ils ont confiance en moi. » Dans la suite de la vision que j'abrège, la sainte vit Notre-Dame, saint Denys, tous les saints dont la France garde les restes, tomber aux genoux de Notre-Seigneur. Notre-Dame lui exposait, — la voyante exprime à plusieurs reprises comme venant de la très sainte Vierge que ces figures étaient pour mettre à sa portée les mystères divins, — Notre-Dame exposait à Notre- Seigneur comment deux cruelles bôtes, le roi d’Angleterre et le roi de France, ravageaient la France, tuaient les corps en même temps que les âmes tombaient en enfer comme les flocons de neige tombent sur terre en hiver. Notre-Seigneur répond qu’il veut la paix, et une paix très cordiale pour le bien de la chrétienté; il veut la cessation de tant d’insolences, et il en a disposé les moyens par un mariage qui unira les deux partis. Si les rois ne l’acceptent pas, ils seront malheureux dans leur postérité; prédiction vérifiée par l’événement, puisque Philippe de Valois fut le père de Jean II, le prisonnier de Londres, le signataire du traité de Brétigny. Le rival de Philippe de Valois, Édouard 111, vit mourir le prince Noir son fils, et eut pour successeur Richard II, non seulement détrôné, mais assassiné à la tour de Londres.

Notre-Seigneur termine en disant que « lorsque les Français auront conçu les sentiments d’une véritable humilité, le royaume viendra entre les mains du légitime héritier, et ils obtiendront pour eux-mêmes une véritable paix ». Il fallait une véritable humilité pour accepter comme conductrice de la guerre une paysanne de dix-sept ans, et se soumettre à sa direction. L’acte était si héroïque qu’il ne fut jamais parfaitement accompli par les capitaines, pas même à Orléans, et qu’après le sacre l’on conduisit les affaires diamétralement à l’opposé de ce que demandait l’envoyée du Ciel.

Cette prophétie sur les malheurs de France remplit les chapitres cm, CIV, cv du quatrième livre des Révélations de sainte Brigitte. Pour un croyant, il y a plaisir et profit à les étudier. Sainte Brigitte fut

LA VIERGE-GUEHKIÈHE DANS LA CHRÉTIENTÉ

souvent favorisée des apparitions de saint Denys, qui lui disait dans une de ses manifestations : Eijo siirn Dionysius qui a Roma veni in ha$ partes prædicare Verbum bel invita mon (tome II, ch. xcii),

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