‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 146 sur 296 · LE LIVRE DE PLUSCXRDIN · texte numérisé non relu

LE LIVRE DE PLUSCXRDIN

France; de ses actes: De iniciis Ptiellæ mirabilis provisione divinâmissæ ad sncctirsum Franciæ^ et de ejusdem actibus. Or il s’arrête après sept lignes, et Ton n’a pas encore trouvé un seul manuscrit où existe la suite annoncée, encore qu’il y ait un onzième livre.

Les nombreux amis que la Vénérable compte au delà du détroit, notamment en Écosse, — le publiciste M. Andrew Lang me permettra de le citer, — ont fait des recherches qui n’ont pas encore abouti ; puissentelles aboutir un jour !

Si quelque chose pouvait tempérer le regret de cette perte, ce sont les erreurs vraiment grossières que l’on constate sur des points qu’un homme dans la situation que l’auteur se donne n’est pas excusable d’avoir commises. C’estainsi qu’il fait rentrer le vainqueur de Verneuil, Bedford, en triomphateur, non pas à Paris, mais à Rouen; erreur légère à côté de Ténormité qui suit, puisqu’il l’y fait mourir peu de temps après, frappé de la lèpre. Il lui donne Salisbury pour successeur dans le gouvernement du royaume des Français, et fait succéder Suffolk à Salisbury; autant de fables inexplicables dans un personnage qui dit avoir vécu durant ce temps en France. Son ton est déclamatoire, boursouflé et anémique tout ensemble. Il cherche à produire de l’effet et n’accuse que son impuissance. C’est à se demander si ce n’est pas pour hausser son autorité qu’il s’attribue d’avoir suivi la Vénérable depuis son entrée en scène jusqu’à son supplice.

Voici cependant la traduction, ou le résumé des trois chapitres qui précèdent celui qu’il a consacré ou devait consacrer à la Libératrice.

Dans son chapitre xxix, il parle des travaux faits par les Anglais pour s’abriter. Monstrelet nous a dit (III, p. 396), que les Anglais, selon leur coutume, s’étaient fait des logements dans la terre. Le livre de Pluscardin développe ainsi cette indication : « Les assiégeants, pour se garantir des machines des assiégés, s’étaient creusé tout autour de la ville des souterrains, des mines dans le sol. Ils avaient avec eux des marchands, des ouvriers faits à tous les métiers réclamés par l’art de la guerre ; ils avaient aussi toutes les marchandises que l’on peut trouver dans une bonne ville. Dans ces fossés et dans ces mines, il y avait des constructions, des fours, des rues avec des carrefours souterrains aussi, à la manière des places d’une ville. C’était pour que les marchands et les artisans pussent circuler sans danger dans cette cité sous terre, et tenir leurs marchés. On y voyait des tavernes, on y vendait des vivres, des denrées, toutes les choses nécessaires à la vie. Ces tranchées avaient un mille d’étendue, elles étaient orientées du côté de Paris d’où les Anglais tiraient leurs provisions. »

Au chapitre xxx l’auteur raconte, non sans commettre des erreurs,

LA VIISRGE-GÜERRIÈRE DANS LA CDRÉTIENTÉ.

la mort de Salisbury, la journée des Harengs, et il parle ensuite d’une tentative du duc de Bourgogne, qui, si elle est vraie, aurait été passée sous silence par tous les chroniqueurs. Le duc aurait travaillé les villes de Lyon, d’Angers, de Tours, de Bourges, pour qu’elles acceptassent sa domination au lieu de se soumettre à l’Anglais. Se voyant ainsi supplanté par le duc de Bourgogne, Charles VII en serait venu à l’état de désespoir qu’il décrit en ces termes dans son chapitre xxxi.

« A cette vue le roi de France, en proie à la plus grande terreur, arrêta de se préparer le plus activement qu’il pourrait à se rendre auprès du roi d’Ecosse, Jacques, le premier de ce nom. Il ne voyait, de quelque côté qu’il se tournât, que de mortels ennemis ; à Touest le duc de Bretagne, au nord le duc de Bourgogne et les Anglais, à l’est le duc de Bourbon (??) et le duc de Savoie, au sud le prince d’Orange et le roi d’Aragon. Il était jeune et n’avait pas d’argent; or à la guerre sans argent ni force, ni succès. N’espérant aucun secours, privé de tout appui, de tout conseil, de tout crédit, sans finances, sans serviteurs, abandonné par ses hommes d’armes, la douleur au cœur, délaissé, solitaire, dans l’excès de ses angoisses désireux de mourir plus que de vivre, il s’échappait en gémissements, disant d’une voix éplorée : « J’ai levé mes yeux vers les montagnes d’où me viendra le secours », et encore : « J’ai crié vers le Seigneur dans la tribulation. »

II avait un pieux confesseur, l’évêque de Castres, auquel il se confessait tous les jours. Les jours de fête il recevait le corps du Seigneur; il entendait à genoux dévotement trois messes, ne laissait pas de réciter les heures canoniales avec les commémoraisons des âmes ; il accomplissait ces pratiques tous les jours, et y ajoutait môme d’autres oraisons.

« S'approchant de La Rochelle, où son intention était de s’embarquer, il s’enferma en changeant de résidence dans la ville la plus forte de la France entière, dont le nom est Poitiers. Là pour le moment étaient les messieurs du parlement de Paris chassés de cette ville ; ils lui conseillèrent de poursuivre absolument le dessein formé. Mais le Dieu miséricordieux et compatissant, le Dieu patient, le Dieu plein de longanimité et riche en miséricorde, dont les yrux sont ouverts sur les justes et dont les oreilles entendent les prières, qui considère aussi les artisans du mal pour exterminer de la terre leur souvenir, ce Dieu écouta scs prières et lui envoya secours de son sanctuaire.

« Il dirigea vers lui une de ses servantes, une jeune Vierge jusqu’alors la plus faible de toutes les créatures et très pauvre d’esprit, petite et laible de corps, instruite et formée par le Saint-Esprit, par lequel, ainsi que le prouvent ses actes inspirés, elle fut animée, conseillée, dirigée;

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