‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 147 sur 296 · LE LIVRE DE PLUSCARDIN · texte numérisé non relu

LE LIVRE DE PLUSCARDIN

elle le délivra des embûches de tous ses enuemis... Son arrivée» ses œuvres merveilleuses, seront longuement exposées dans les chapitres suivants

« En outre la noblesse, la vaillance, le courage de la ville d'Orléans ne doivent pas être mis en oubli par les cœurs nobles et élevés. D’un consentement unanime, considérant que leur seigneur le duc d'Orléans était retenu prisonnier dans les mains de ses ennemis depuis la bataille d’Azincourt, ils firent publier qu’ils avaient en très grande abondance de l’or et de l’argent, des vivres, des armes offensives et défensives pour deux mille guerriers durant deux ans ; que tous les nobles et tous les hommes habiles au métier des armes, qui voudraient se joindre à eux pour la défense de la ville, devaient être prêts à la défendre jusqu’à la mort; et aussitôt, en présence de tous, découvrant les provisions de ta ville, les greniers, les celliers, montrant les tonneaux, on mit à la disposition des hommes d’armes vins, grains, poissons, et autres victuailles sans prix. Ces nouvelles firent accourir un si grand nombre de guerriers très distingués qu’ils n’eurent plus qu’à choisir les bons pour les garder, et à congédier ceux qui ne l’étaient pas. Faisant chaque jour des sorties contre les ennemis, ils en firent un tel carnage, leur infligèrent tant de déroutes et de pertes, leur firent tant de prisonniers, que le roi, à ces nouvelles, en reçut un si grand réconfort, que dès cette heure, de jour en jour, son âme se redressa magnifiquement, et il leur accorda en les anoblissant perpétuelle franchise, et c'est ainsi qu’en ces jours ladite Pucelle, excitée par le Saint-Esprit, reçut commandement de venir vers le roi, et sic /lis diebus prædicta Puella a Spirilu sancto excitata advenicndum régi præceptum accepit.

« Des commencements de l’admirable Pccelle envoyée par la divine Providence AU SECOURS DU ROI, ET DE SES ACTES, CH. XXXU :

« En ces jours-là, le Seigneur suscita l’esprit d’une admirable Pucelle, née aux confins de la France, dans le duché de Lorraine, près du château royal de Vaucouleurs, dans l'évêché de Toul, du côté de l’Empire. Son père et sa mère l'occupèrent à la garde d'un troupeau de brebis. Maniant chaque jour le fuseau, entièrement vierge, sans reproche, assuraiton, ses proches rendaient bon témoignage à son innocence ^.. »

1. Misericors et miseralor Dominus... misit ci auxilium transniittens ei imam ancillam, virginem puellam, omnium creaturarum anlè hoc pusillanisî^imam et spiritu pauperrimam, corpore eciam exiguam et piisillam, cœlitùs tamen edoctam et instruclam, ac Spiritu sancto, à quo et (ut) acta ejus probant inspirata fuit, animatam, consul lara ac direclam. qu.x* ab insidiis omnibus inimicorum omnium liberavit eum, et conclusit in manu inimici, et dominati sunt eorum qui dominati sunt eos. De cujus adventu et de mirabilibus operibus ejus declarabitur ad longum in sequentibus.

2. In diebus illis suscitavil Dominus spiritum cujusdam puellæ mirabilis, in finibus

Là VIERGË-GUERRIÈRE DANS LA CRRÉTIENTË.

Là s’arrête le chapitre dont l’annonce promettait de si intéressants détails. Encore que la lacune soit regrettable, les chapitres précédents diminuent fort la valeur de ce que l’auteur aurait pu nous raconter. On dirait des amplifications de médiocre écolier qui dans l’effort qu’il fait oublie de mettre d’accord les parties de sa narration. Ce qu’il raconte d’Orléans cadre mal non seulement avec ce que disent les documents les plus authentiques, mais avec ce qu’il a dit plus haut. Les succès qu’il attribue aux Orléanais, le réconfort qu’en reçoit le roi, sont incompatibles avec ce qu’il a raconté du désespoir du prince et de son dessein arrêté de fuir en Ecosse. Peut-être faut-il entendre ces succès et l’effet produit sur Charles VII des jours que la Pucelle passa à Orléans, du 29 avril au 8 mai ; mais ce n’est pas ce que dit le texte. Les Orléanais partageaient, il est vrai, leurs ressources et leurs provisions avec leurs défenseurs, ainsi que l’ont consigné le Journal du siège, et le récit de l’établissement de la fête; mais loin qu’ils aient fait cet étalage de leurs ressources, on sait d’une manière authentique qu’ils firent appel à la générosité des autres villes. Les assertions du chroniqueur écossais, dès qu'elles sont en opposition avec celles d’autres documents, sont de nulle valeur ; elles restent suspectes dès qu’elles ne sont pas rapportées par d’autres contemporains; elles ne constituent qu’une faible preuve.

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