‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 162 sur 296 · Signes feindrait · texte numérisé non relu

Signes feindrait

MARTIN LE FRANC

Aussy merveille ne te soit,

Combien que chose inusitée,

Se la Pucelle se vestoit De pourpoint et robe escourtée ;

Car elle en estoit redoutée Trop plus, et aperte, et légière.

Et pour ung lier prince contée.

Non pas pour simplette bergière.

Chappiaux de faultre elle portoit, Heuque frappée et robes courtes :

Je l’accorde, aussi aultre estoit Son fais, que cil des femmes toutes.

La longue cote (tu n’as doutes),

Ès fais de guerre n’est pas boine, Item, moult souvent tu escoutes,

Que Tabit ne fait pas le moine.

Armes propres habits requièrent ;

Il n’est si fol qu’il ne le sache.

AuUrespour estreen ville affièrent [convicn- Aultres pour porter lance ou hasche. [nenO, Quand à proie faulcon on lasche Ses longues pendans on luy oste.

Aussy qui ses ennemis cache [chasse)

Il n'a mestier de longue cote.

Dieni{quils disent) d’elle ce que vouldront. Le parler est leur et le taire ;

Mais ses loenges ne fauldront.

Pour mensonge qu’ilz sachent faire.

Que t’en faut-il oultre retraire ?

Par sa vertu, par sa vaillance,

En despit de tout adversaire,

Couronné fut le roy de France.

l’adversaire.

Je liens frivole ce langage. Ha, ce dit, trop le [la) desvoia

Car oncques Dieu ne l’envoia, Oullrecuidance, quoiqu’on die !

Dil l’adversaire au faulx visage. Raison aussi le (la) convoia

Qui de Jeanne ennoya. Ardre à Rouen en Normandie.

LE CIIAMPIOX.

C’est mal entendu, grosse teste, Respond Franc-Vouloir prestement.

De quanls saints faisons^nous la feste Qui moururent honteusement!

Pense à Jhesus premièrement.

Et puis à ses martirs benois;

Sy jugeras évidamment Qu’en ce fait tu ne le congnois.

Guère ne font tes arguments Contre la Pucelle innocente,

Ou que des secrets jugements De Dieu sur elle pis on sente.

Et droit est que chacun consente, A lui donner honneur et gloire.

Pour sa vertu très excellente.

Pour sa force et pour sa victoire.

l’acteur.

Alors l’adversaire fachîé D’ouyr de Jeanne sermonner,

Lui dit : « Tu en as trop preschié.

Pense d’une aultre blasonner.

On ne porrait pire amener Pour accomplir ce que tu veulx ;

Car c'est assez pour forsener (devenir fou), Ou soy arracher les cheveulx.

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