‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 163 sur 296 · FRANC-VOULOIR · texte numérisé non relu

FRANC-VOULOIR

Moult a le courage légier.

Ou trop fort se monstre opiniâtre.

Dit Franc- Vouloir, qui fait dangier De collauder ceulx de son atre.

Et si j’ai loè trois ou quatre Etrangières, pourquoy lai ray Celle qui a voulu combattre Pour France ; certes non feray.

Mesmement (siirfoutjquand elle a fait telles V’ertus, et en poy de saison.

Que chacung luy doit immortelles Grâces. Nai je bonne occhasion De dire bien d’elle foison.

Ou pour ma possibilité.

Se tu dis que je nay raison,

Tu es de parcialité

Car quoyquon en dise, elle estoit En bataille grandement duite,

Et vaillamment se combattoit,

Et estoit de sage conduite.

Sy lay à mémoire réduite Avec les chevaleresses,

Car entresuy en la poursuite De loer les batailleresses.

Voici l’apostrophe du poète à la noblesse française :

Or pleust à Dieu que vous, barons,

Vous, princes, vous seigneurs de France, Sous lesquels coudre espérons A veoir nostre délivrance.

Eussiez le cœur et la souffrance De cette femme seulement.

Pour destruire et mettre à oultrance Nos ennemis hâtivement.

Sy souvent vous ne danseriez,

Comme vous faites le menant,

Et plus souvent et plus vivement penseriez A bien faire et tirer avant;

Sans vous-méme entregrevant Et vostre peuple déchirer.

Qui en mangeant ou en buvant Ne fait jamais que soupirer.

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