‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 164 sur 296 · GEORGES CHASTELLAIN · texte numérisé non relu

GEORGES CHASTELLAIN

Ce n’est pas seulement dans sa chronique que Georges Chastellain a parlé de la Pucelle ; il lui a consacré quelques vers dans deux de ses poésies. Les voici :

Recollection des Mei^veiUes c

Qui veult ouyr merveilles Estranges raconter?

Je sais les non pareilles Qu'homme sçauroit chanter.

Et choses advenues Depuis long-temps en çà,

Je les ai retenues Et scay comme il en va.

Les unes sont piteuses Et pour gens esbahir.

Les autres sont doubteuses De meschiefs advenir;

Les tierces sont estranges Et passent sens humain.

Aucunes en louanges,

Aultres par aultre main.

(Chastellain, Œuvres complètes, éditi

enues en notre temps.

En France la très belle,

Fleur de crestienté,

Je vis une Pucelle Sourdre en autorité,

Qui fit lever le siège D’Orliens en ses mains,

Puis le roi, par prodiège,

Mena sacrer à Reims.

Sainte fut aourée Pour les œuvres que fil ;

Mais puis fut rencontrée Et prise à bon proufit ;

A Rouen arse en cendre Au grand deuil des François,

Donnant puis à entendre Son revivre aultre fois.

de M. de Lettenhoue, t. Vil, p. 18-78.)

Complainte

Souviengne-nous de la Pucelle Qui si très haut fut eslevée.

Comme si fust de Dieu ancelle.

Et des François tant honourée,

de Fortune.

Et des Anglois tant redoublée.

Comme par foule fîna {finit par oppression) : Ainsi la fortune la paya.

(Ibidem, Œuvres, l. VIII, p. 328.)

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