‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 167 sur 296 · OCTAVIEN DE SAINT-GELAIS · texte numérisé non relu

OCTAVIEN DE SAINT-GELAIS

Octavien de Saint-Gelays, né à Cognac en 1466, mourut à trente-six ans évêque d’AngouIôme. La faveur de Charles VIII lui avait fait obtenir ce siège, auquel Tavait fort mal préparé une jeunesse désordonnée. 11 changea de vie, et c’est comme expression de ce changement qu il composa peut-être son poème : Le séjour d’honneur. Il est dans le goût du temps, allégorique. Il fut imprimé en 1514, plus de dix ans après la mort de l’auteur.

Dans la troisième partie, il passe en revue les rois de France, qu’il est censé rencontrer dans une forêt. Après un pompeux éloge de Charles VII, il parle en ces termes de la Pucelle :

Près Luy je vy sur cheval fier marchant Femme ([ui lut d’iiarnoys luysant armée,

Pas ne sembloit cscollier ou marchant,

Mais robuste, par prouesse affamée ;

Dont mesbahis de voir femme fermée {fermée?)

De si grand cœur; qui les gens incitoit Donner dedans, et un chacun citoil {eicitail)

A guerroyer; comme si tousjours elle Tint en seurté les souldarts soubz elle.

Pas n’eust quenouille attachée au costé,

Mais épée poignante et deffensible,

Fuyant repos et longue oysiveté,

Ou volontiers cœur de femme est duysible.

A autre affaire elle nest entendible Quordonner gens pour bataille mouvoir,

Dont je congneu que cestoit, pour tout voir,

Selon sa geste et manière approuvée,

La Pucelle par miracle trouvée.

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