Ibid
EXTRAIT DES COMPTES DE LA VILLE D'ORLÉANS
suivirent le sacre. Procession le 12 octobre. Elle est ainsi indiquée :
« À lui (Jaquet) pour ceux qui portèrent les torches de la dite ville à la procession générale faicte le XII* jour d’octobre, pour mémoire du jour que les Ânglois misdrent le siège devant Orléans, XXVI d. p. ; valent VIII s. p. » C’est encore maître Robert Baignart qui fait le sermon '.
Pour ne pas trop prolonger cette nomenclature, citons la procession du 28 mai, et celle du 5 juin 1430, où les deux fois le sermon est fait par frère Loys de Richeville, .augustin. La nouvelle de la prise de Jeanne d’Arc était arrivée à Orléans ; des boui^eois de Beauvais et de Senlis s’y trouvaient ce même jour ; la ville leur offre six pintes et chopine de vin ’. Il est moralement certain que ces supplications avaient pour objet la délivrance de la captive.
De toutes ces processions, celle qui devait se prolonger à travers les âges, qui se faisait avec plus de solennité, que les documents désignent sous le nom de procession de la ville, est celle du jour même de la délivrance, du 8 mai.
Elle commença après la fuite des Anglais. On possède à Orléans la quittance de Louis de Ruscheville, prieur des Augustins, qui fît le premier sermon que tant d’autres devaient suivre ; elle est en latin : l’abbé Dubois en a inséré le texte dans ses manuscrits En voici la traduction : « Sachent tous que moi, frère Louis de Richeville, prieur des Frères augustins, j'ai reçu de vénérable et honnête personne, Jean Hillaire, receveur de la ville d’Orléans, la somme de XVI sous, à l’occasion de la prédication faite par moi, au cloître de Sainte-Croix, lorsque, le dimanche après l’Ascension, la procession se lit à Saint-Paul. En témoignage, j’ai signé la présente cédule de ma main et de mon sceau manuel, l'an du Seigneur MCCCCXX9, ainsi que ci-dessus.
« Ludovicus de ru. »
L’église de Saint-Paul renferme la chapelle de Notre-Dame-des- Mirales; le logis de la Pucelle, l’hôtel de Jacques Boucher, est presque attenant; il n’en est séparé que par une petite rue. C’est bien justement que l’on rapportait à Notre-Dame des Miracles le miracle que tant d’autres miracles allaient suivre. Ce n’est que l'année suivante, semble-t-il, que la procession a pris la forme qu’elle a gardée durant des siècles, d’une visite aux principaux endroits où le siège était assis, et surtout où fut remportée la victoire décisive. En 1429, la place n’était