‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 200 sur 296 · VILLES DU MIDI · texte numérisé non relu

VILLES DU MIDI

Narbonne, à laquelle Charles VII se hâtait de faire écrire, dans la lettre citée dans le volume précédent, les bonnes nouvelles à mesure qu’elles lui arrivaient d'Orléans, n’a pas dû rester en arrière. Il a été dit ailleurs comment Montpellier éleva une chapelle au lieu môme où le courrier qui venait annoncer qu Orléans était libre, dut attendre l’ouverture des portes jusqu’au lever du jour ^

Si le temps avait respecté les écrits de l’époque, nous trouverions certainement des mentions semblables à celles qui viennent d’être relevées dans toutes les villes qui obéissaient au roi de Bourges, devenu en moins de trois mois le roi de France.

Brignolles. — Une découverte de ces dernières années nous montre que de publiques actions de grâces pour les victoires de la Pucelle furent rendues à Dieu bien au delà des possessions de Charles VII. Brignolles, ville de la Provence, relevait de l’Empire; on conserve un livre de comptes, où le trésorier a inscrit :

« Item : Le trésorier déclare avoir payé un gros par ordre des syndics aux ménétriers qui parurent à la fête, lors de la procession dé reconnaissance qui fut faite, à la suite des nouvelles ici arrivées de cette Pucelle qui était dans les contrées de France. »

Quoique le livre ne marque pas la date du jour, on est en droit de conclure du contexte que la solennité eut lieu entre le 15 mai et le 20 juin, plutôt en mai qu’en juin, pensons-nous. De nombreux documents établissent que la nouvelle des miracles de la Pucelle se répandit avec une singulière rapidité. On connaissait à Avignon la victoire de Patay, dès le 27 juin, huit jours après. La belle-mère du roi, Yolande, était comtesse de Provence. Elle y faisait d’assez longs séjours. Elle a dû promptement transmettre la nouvelle que Dieu relevait miraculeusement le trône de son gendre.

Il est vraisemblable que Birignolles ne fut pas la seule ville de Provence où de solennelles actions de grâces furent rendues à Dieu*.

.Miquel ; Vale lo acapte VII s. — Dijaus a XXVIl de jun que foue fayta professio general per Jas bonas novehas del rey nostre subrian senhor : Vale lo acaple V s. — Mémoires de la Société des arts et des sciences de Carcassonne, t. Il, p. 311. — .M. Tabbé Baichère pense qu'une procession fixée au second dimanche de mai, que l’on retrouve encore au XVIII® siècle, était destinée à perpétuer à Carcassonne comme à Bourges le souvenir de la délivrance d’Orléans. Bien plus, ce serait l’origine d’une procession qui se fait encore dans plusieurs parties du diocèse.

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