‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 225 sur 296 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

LE SURNATUREL DANS LA GUERRIÈRE-LIBÉRATRICE

Le présent volume et le précédent renferment tous les documents qui peuvent nous faire connaître la Libératrice et la Guerrière. On voit s’ils sont nombreux, variés, empruntés à des témoins bien renseignés, non suspects. Chroniques, registres judiciaires arrivés intacts jusqu’à nous, lettres particulières, pièces de chancelleries, livres de compte, poètes, théologiens, tous ces témoins du passé nous ont parlé de la merveille, qui, en l’an 1429, jeta dans la stupeur la chrétienté tout entière, stupebant omnia régna christ ianitatis, Avantde suivre la Vénérable sur son suprême champ de combat, le champ du martyre, il convient de s’arrêter, et de se demander ce qui ressort des pièces si nombreuses qui remplissent les deux derniers volumes de la Vraie Jeanne (T Arc,

L’histoire cesserait d’être la maîtresse de la vie, s’il n’en ressortait pas une lumière pour l’esprit, un réconfort pour le cœur, une direction pour la conduite. Sans la lumière supérieure projetée sur les faits et les événements, elle reste une suite de récits bons seulement à servir de pâture aux oisifs, et à tromper leurs ennuis. Le but de la publication des volumes : la Vraie Jeanne d'Arc^ n’est pas seulement de mettre bien à nu toutes les sources de l’histoire, d’en faciliter l’accès à quiconque sait lire; c'est aussi de montrer comment le surnaturel la pénètre tout entière, en est la seule explication, de faire voir par quels procédés le naturalisme, dont elle est le désespoir, s’efforce de faire disparaître cette manifestation indéniable du surnaturel chrétien qui l’anéantit.

Léon XIII a bien daigné louer le plan et l’exécution, nous dire de continuer allègrement l’œuvre, toute autre occupation cessante, nous présenter un motif particulier de la poursuivre dans l’introduction même de la cause auprès du Saint-Siège.

Ce ne sera donc pas manquer à la déférence due à l’auguste tribunal auquel cette cause est remise, que de présenter quelques-unes des considérations sur lesquelles il lui appartient de porter un jugement irréfra-

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gable. Celui qui va être émis est le jugement d'un simple particulier qui rapproche les faits des principes de la raison et de la foi, et en tire des conclusions qui, quelque évidentes qu’elles lui paraissent, peuvent le paraître moins aux juges régulièrement établis. L’auteur espère bien ne jamais se départir de la règle donnée par son bienheureux père saint Ignace : si l'Église déclare noir ce qui me parait blanc, je dois prononcer que c’est noir. La ridicule prétention de vouloir dicter la sentence ast donc bien loin de sa pensée. Il serait heureux de rendre l'examen qui la précède plus facile et plus prompt, et si l’oracle infaillible doit confirmer d’ardentes espérances, d’en hâter l’heure si désirée par Léon XIII luimême, qui, après en avoir, dès 1885, pronostiqué l’heureuse issue, n’a cessé de lui donner de particulières marques de faveur.

Le surnaturel divin ressort de toute l’histoire de la Vierge-Libératrice, II éclate dans ce qui est le point culminant de la mission, la royauté de Jésus-Christ sur les nations; dans la sainteté de la vie de la céleste envoyée ; dans les prophéties qui l’ont annoncée et bien plus encore dans les prophéties qu’elle a semées à tous les pas de sa carrière; dans les dons surnaturellement conférés pour l’exécution de la mission ; dans la parfaite conformité de la mission avec l’enseignement théologique, et ses convenances avec les besoins du temps où parut la merveille.

Pour établir chacune de ces assertions, il suffit de rappeler et dégrouper les faits et les paroles épars dans les documents précédents. Le lecteur s’expliquera que ce qui semble une répétition ne l’est pas en effet ; ce qui faisait partie d’un récit devient l’appui d’une thèse.

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