AVANT-PROPOS
Les Chroniques et les documents cités dans le volume précédent portaient principalement sur les événements extérieurs, et ne touchaient que secondairement aux qualités de la personne qui les conduisait. C’est le contraire pour la plupart de ceux qui composent ce volume. Par les aveux qui lui ont été arrachés sur cette partie de sa carrière, la Vénérable nous fera pénétrer dans le fond de son âme; elle nous dévoilera plusieurs ressorts cachés que n’ont pas aperçus ou indiqués ceux qui ont écrit des documents généraux et publics.
Les cinquante-cinq témoins entendus à la réhabilitation sur la vie guerrière n’avaient pas tant à faire connaître les événements, qui n 'étaient pas ignorés des juges, qu’à montrer l’esprit, le caractère de la suppliciée de Rouen. Il fallait la laver des crimes imputés.
Il ne faut pas demander aux Chroniques étrangères l’exactitude dans le détail des événements. L’on verra que sur ce point elles sont souvent en défaut; mais ce qu’elles peuvent nous faire palper, c'est, avec un croquis de l’histoire, l’idée qu’on se formait au loin de celle qui jeta la chrétienté dans la stupeur. C’est aussi ce que nous révéleront sous une autre forme les comptes des villes, qui, en inscrivant les dépenses faites à l’occasion de la Pucelle, nous manifesteront la commotion produite à l’intérieur.
Cette même impression et parfois de précieux détails sur les faits ressortent des poèmes du temps dont la Pucelle forme le thème.
Voilà pourquoi le titre la vierge-guerrière a été donné au IV' volume de LA VRAIE JEANNE d’arc. Avec le précédent, la libératrice, il renferme tous les documents sur la vie publique, depuis l’arrivée à Cbinon, 6 mars 1429, jusqu’à ce que le cachot de Rouen se fermât sur la martyre, décembre 1430.
Le demi-siècle écoulé depuis la publication du double procès a permis d’accroître très notablement les pièces réunies parQuicherat.