‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 5 sur 296 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Les unes étaient absolument inédites, telles que la Chronique Moro- ■sini, et elle n’est pas la seule ; d’autres le sont équivalemment, puisque aucun auteur français ne les mentionne. En tout cas, l’on ne peut les avoir toutes à sa disposition qu’à notre grand arsenal littéraire, la Bibliothèque nationale.

Encore y chercherait-on peut-être inutilement la revue italienne Studi e documenti di storia et diretto, dont le numéro de décembre 1894 nous fournit deux pièces fort intéressantes, écrites au moment même où l’héroïne était à l’apogée de son triomphe. Les passages du chroniqueur Herman Cornerius, un contemporain de la Vénérable Pucelle, gisent ignorés, ce semble, depuis près de deux siècles dans le Corpus historicum medii ævi de Georges Eccard. En dehors de la Bibliothèque nationale, l’on ne trouvera probablement pas en France les cent volumes 10-4“ des Chroniques belges. Cinq chroniqueurs, tous du temps, parlent cependant de Jeanne ; l’on n’a publié en France que le texte d’un seul ; on a donné seulement quelques phrases des autres, quand on ne les a pas totalement ignorés. L’on s'empresse justement de livrer à la publicité la moindre ligne de la première partie du xv“ siècle où vient le nom Je la Pucelle ; mais tout cela est disséminé dans des revues, des plaquettes de quelques pages, qu’il est très difficile de se procurer. Si quelqu’un de ces textes ne se trouve pas dans la Vraie Jeanne J Arc, c’est qu’il aura échappé à des recherches prolongées. L’on y trouvera de courts passages inédits, souvent précieux pour fixer une date ou éclairer un événement.

Tout en voulant mettre à la portée de tous les sources d’une histoire, qu’on ne saurait jamais assez étudier dans sa vraie et totale lumière, il a été donné satisfaction aux justes exigences des érudits en mettant au bas des pages le texte de toutes les paroles de l’héroïne, les passages importants des autres documents, et souvent, aux pièces justificatives de la Libératrice, le texte intégral des pièces inédites ou peu connues. Les paroles de l’accusée de Rouen, notamment celles si pleines de fine justesse sur le signe donné au roi, ont été longuement commentées.

Le tout a été disposé dans l’ordre qui a semblé le plus favoriser les rapprochements. C’est à l’aide de ces rapprochements qu’ont été discutés les points de quelque importance du divin poème, et, dans la mesure où cela a été possible, conciliées les divergences.

avant-propos.

Ce n’est pas sans des fins très hautes que Dieu a fait cette merveille unique qui est Jeanne laPucelle. Telle a été sa magnificence envers la fille d’élection que le cardinal Pie a pu s’écrier : Tous les dons divins s' accumulent sur sa tête; pas unepierrerie à joindre à sa couronne. Le sixième livre du présent volume, le Surnaturel dans la Guerrière- Libératrice, est consacré au développement de cette pensée du grand évêque, et à signaler, à la lumière de la raison et de la foi, quelquesunes des fins plus manifestes de l’infinie sagesse. Ne pas les rechercher, se contenter du fait matériel, c’est pire encore que ne pas voir Dieu dans la création du monde physique, c’est courir au-devant du reproche du Maître : adhuc et vos sine intellectu estis ; c’est donc comme si vous n’aviez pas reçu une intelligence pour pénétrer au delà des dehors sensibles et tangibles.

Le naturalisme sent si bien le coup mortel que lui porte la Vénérable présentée telle qu’elle ressort des documents, il sent si bien que le miracle sort fulgurant du vrai récit des faits, que, en affectant une admiration dithyrambique, il change totalement l’héroïne et son histoire. La Jeanne d’Arc de ses livres n’a guère que le nom de commun avec la vraie ; son histoire rapetissée, falsifiée, est une histoire de fantaisie; la guerrière-libératrice est travestie,- comme la paysanne et Yinspirée. Démasquer ses iniques procédés, faire palper ses falsifications, c’est le dernier livre de la Vierge-Guemère.

Le H. P. Carrez a bien voulu ajouter une nouvelle carte à celles du volume précédent. Elle permettra de suivre tous les pas de l’histoire sur notre chère terre de France.

On a bien voulu aussi nous transmettre spontanément une miniature tirée d’un antiphonaire que les connaisseurs disent être du XV' siècle. Elle appartient à la collection de M. Spetz. Elle est reproduite ici à titre de document, d’après le tirage fait par la Société de Saint-Jean.

11 ne restera plus qu’à faire connaître la Martyre. L’auteur s’appliquera tout entier à mener son œuvre à terme aussi promptement que le lui font espérer de longues études sur ce couronnement du poème.

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