‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 49 sur 296 · Procès, t. \\ p · texte numérisé non relu

Procès, t. \\ p

2. Interrogiiée quelle aaige avoitlenfant à Laigiiy qu’elle ala visiter, respond, l’enfant avoit trois jours; et fut apporté à Laigny à Nostre Dame, et lui fust dit que les pucelles de la ville estoient devant Nostre Dame, et qu’elle y voulsist aler prier Dieu et Nostre Dame qu’ilz lui voulsist donner vie; et elle y ala, et pria avec les autres. Et finablement il y apparut vie et bailla trois fois; et puis fut baptizé, et tantoust mourut, et fut enterré en terre saincte. Et y avoit trois jours, comme l’en disoit, que en l’enfant n’y estoit apparu vie, et estoit noir comme sa coste; mais quant il baisla, la couleur

La réponse est d'une sainte, et équivaut à un aveu que son humilité lui défendait défaire. Il n’est pas douteux que dans la ville Ton aitaitri* bué le miracle à celle que l’on avait priée de venir le demander. La •question môme le suppose. Les jeunes filles auxquelles elle s’était jointe, la mère et les parents de l’enfant ont dû éclater en expressions de reconnaissance et d’admiration envers celle qui obtenait de telles faveurs <le la part de Notre-Dame. C’était pour elle une préparation à la terrible révélation qu’elle allait recevoir presque aussitôt après sur les fossés de Melun, dans la semaine de Pâques. Or, en 1430, Pâques tombait le 16 avril.

Le héraut Berry III, p. 231) nous a dit comment Melun avait chassé les Bourguignons de ses murs. La garnison était sortie pour enlever des vaches à Yèvres, ne laissant qu’une poignée d’hommes d’armes à la garde du château. Les habitants fermèrent les portes, et assiégèrent le château situé dans une île. Pour le forcer, ils élevèrent une bastille jusque dans cette île. C’était vraisemblablement pour aider à la conquête que Jeanne vint à Melun. Elle y était en effet, va-t-elle nous dire, dans la semaine de Pâques. Or le genre de butin que les Anglo-Bourguignons allaient chercher à Yèvres indique que le carême était fini ; car il suffît de rappeler la Journée des harengs, pour savoir qu’à cette époque les armées elles-mêmes gardaient l’abstinence quadragésimale. C’est là qu’une terrible révélation attendait la Vénérable. Elle s’en expliquait elle-même le 10 mars, à propos d’une question sur la sortie de Compïègne.

U En la semaine de Pâques dernièrement passée, comme j'étais sur les fossés de Melun, il me fut dit par mes voix, à savoir sainte Catherine et sainte Marguerite, que je serais prise avant la Saint- Jean, qiiil fallait que ce fût ainsi fait, de ne pas m'ébahir, de prendre tout en gré, et que Dieu ni aiderait.

« Depuis ce lieu de Melun, ne vous a-t-il pas été dit par vos voix que vous seriez prise ? — Oui, cela m'a été dit par plusieurs fois, et comme tous les jours. Je requérais de mes voix que quand je serais prise, je mourusse promptement, sans long tourment de prison ; et elles me dirent de prendre tord en gré, et qu ainsi il fallait faire ; mais elles ne me dirent pas l'heure, et si je l'eusse sue, je n'y fusse point allée.

lui commença à revenir. El estoit avec les pucelles à genoulx devant Nostre Dame à faire sa prière.

Interroguée s’il fut point dit par la ville que ce avoit elle fait faire, et que ce estoit à sa prière, respond . « Je ne m’en enqueroye point. » (Procès, p. 105.)

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