‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 74 sur 296 · MAITRE JEAN BARBIN · texte numérisé non relu

MAITRE JEAN BARBIN

et catholique créature, que le bienheureux Pierre de Luxembourg aurait par révélation fait venir des parties de Gascogne. Le manuscrit latin 4467 (f* 32) dit qu'Essech, au diocèse d’Auch, était son lieu d’origine. Le jeune saint aurait voulu en faire un témoin particulier de sa puissance de thaumaturge puisque, arrivée parfaitement saine, son pied fut soudainement tordu avec grande douleur, et sa main, libre et se mouvant sans difficulté, fut instantanément fermée et serrée. La bénédiction dupseudo- Clément MI, qui avait fait du Bienheureux mort à dix-huit ans, un évêque et un cardinal, lui rendit publiquement Tusage du pied et de la main; guérison dont les clémentins abusèrent singulièrement pour soutenir la légitimité de l’antipape, alors qu’à s’en tenir au présent récit dû à un clémentin forcené, il n’y a qu’à voir l’intervention miraculeuse du Bienheureux qui, après avoir appelé miraculeusement la pieuse fille auprès de son tombeau, voulait sans doute la marquer pour la vocation extraordinaire que Dieu lui assigna. Marie la Gasque est signalée par Scipion Dupleix dans son Histoire de France^ par Bodot de Juilly dans V Histoire de Charles VII, jusque par Rapin Thoiras dans son Histoire d Angleterre, où il se montre assez ignorant ou assez impudent pour nous dire que Jeanne d’Arc ne nous est connue que par la Chronique de Monstrelet,

Quicherat dit que la Gasque annonça à Charles VI de grands malheurs, et le détourna de se soustraire à l’obédience du pseudo-Benoît XIII, conseil relativement bon, car cette soustraction ne devait avoir pour effet que de faire surgir un troisième contendant à la tiare. Ce dernier détail est tiré du manuscrit 373i de la Bibliothèque nationale (fds fr.). Adressé à Charles VII par un certain Dubois, le volume, que ce n’est pas le lieu d’apprécier, est écrit en 1438 ou 39. Or on y lit au folio 60'®, comme prédit par la Gasque, ce qui devait se réaliser plus de vingt ans après, et échappait à toute prévision en 1439.

Si, comme roi et personne privée, Charles VII obéissait à Dieu, il devait avoir des prospérités sans pareilles, et depuis mille ans nul prince u’aurait été si glorieux; mais, disait Dieu par la voyante, s il fait le contraire de ce que je lui demande , je ne lui aiderai, ni ne serai contre lui; mais lui laisserai accomplir ses volontés par lesquelles lui-même se

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