IV
accomplit ses propres volontés ; le châtiment fut bien celui'qu'annonçait Marie d’Avignon ; il se créa de telles difficultés avec son fils qu’il détruisit ses propres jours, ne voulant plus ou même ne pouvant plus manger. Les sentiments de repentir, de piété, de confiance en Dieu qu’il témoigna sur son lit de mort, font espérer qu’il n’aura pas perdu la vie perdurable, c’est-à-dire celle de l’éternelle félicité. On aime à croire que le roi de la Pucelle, le défenseur du Pape légitime Nicolas V contre l’antipape Félix V, malgré l’introduction de la Pragmatique Sanction et le scandale de ses mœurs, n’aura pas été éternellement réprouvé.
SIMON CHARLES (F®* A Lxxxr®, B 121'®, U 188'®).
Simon Charles, président de la Cour des comptes, quand il faisait sa déposition, était, même avant l’arrivée de Jeanne, un des principaux conseillers de la couronne, dit M. de Beaucourt*. L’ambassade de Venise, d’où il nous dira revenir, n’était pas la première, et ne devait pas être la dernière. Il devait traiter les affaires les plus délicates, telles que les fiançailles d’une fille du roi avec le fils du duc d’Autriche ; et, ce qui est plus honorable encore, s’interposer au nom de son maître entre la schismatique assemblée de Bâle et le pape Eugène IV. Le rôle qu’il y remplit fut, d’après l’exposé de l’historien cité, des plus honorables*. Tel est l’éminent personnage qui fit la déposition que l’on va lire : elle fut entendue à Paris, le 7 mai 1456.
Homme noble et de savoir, sire Simon Charles, président de la Chambre des comptes du roi notre sire, soixante ans ou environ, a été cité, a comparu, prêté serment, et a été examiné l’année et le jour susdit : Interrogé de ce qu’il pourrait faire connaître sur les articles I, II, III, IV, il a ainsi répondu sous la foi de son serment :
Je ne suis en état de faire connaître que ce qui suit : L’année où Jeanne vint trouver le roi, j’avais été envoyé en ambassade à Venise; je n’en revins que vers le mois de mars. A mon retour, j’appris de Jean de Metz qui l’avait amenée, qu’elle était auprès du roi. Je sais bien que lorsque Jeanne aborda à Chinon, on délibéra dans le conseil si le roi l’admettrait en sa présence, ou non. On lui demanda d'abord le motif de sa venue et l’objet de sa demande. Encore qu elle ne voulût s'ouvrir qu’au roi, elle fut contrainte, de la part du roi lui-même, de dire