SIMON CHARLES
lance à Reims : Jeanne lui dit : « Ne craignez pas^ car les bourgeois de Reims viendront à votre rencontre^ » et elle l’assura qu’avant d’approcher de la ville, il aurait reçu leur soumission. Ce qui faisait redouter au roi la résistance des habitants de Reims, c’est qu’il manquait d’artillerie et de machines pour un siège, au cas de non-soumission. Jeanne répétait au roi d’avancer hardiment, de ne concevoir aucun doute, car s’il voulait virilement aller de l'avant, il entrerait en possession de tout son royaume*.
Je crois que Jeanne est venue de par Dieu ; car elle faisait les œuvres de Dieu, se confessant souvent, et recevant le sacrement d’Eucharistie quasi toutes les semaines.
J’ajoute que lorsqu’elle était armée et à cheval, elle n’en descendait jamais pour satisfaire aux nécessités de la nature ; toute l’armée admirait comment elle pouvait se tenir si longtemps à cheval*. Je ne sais pas autre chose.
Observations. — La déposition d’un personnage de si haute autorité que Simon Charles est remarquable à plusieurs points de vue.
Elle exclut, ce semble, toute entente préalable entre la cour et la Pucelle avant le départ de Vaucouleurs. Jeanne est arrivée sans être attendue ni par le roi, ni par son entourage.
Le président de la Cour des comptes insinue discrètement ce que Cousinot, et presque tous les chroniqueurs, disent plus explicitement. La Libératrice a été contrariée par la jalousie des capitaines. Elle a trouvé son appui dans le peuple, et dans les hommes d’armes de l’armée royale, qui la suivaient malgré les capitaines. C’est patent dans le fait rapporté par Simon Charles. Le fait se passa, non pas le jour de la prise des Augustins, vendredi 6, mais le lendemain, le matin de la journée décisive de la prise des Tourelles. L’élan de la multitude finit par entraîner les chefs.
La reddition miraculeuse de Troyes, le rôle de la Pucelle dans cette soumission, que les historiens modernes dissimulent, reçoit et recevra encore une nouvelle confirmation.
Le caractère fluctuant de Charles VII se manifeste constamment. Il hésite pour donner une première audience à la jeune fille, et cela jusqu’au dernier moment; il hésite à Saint-Benoît-sur-Loire, le lendemain
Quia si \eliæt procedere viriliter^ totum suum regnum oblineret, Charles Simon insinue bien ici, comme plus haut, que le sacre de Reims n’était pas la fin de la mission; mais cela dépendait des résolutions viriles du roi; si vellet viriliter procedere. Malheureusement il ne voulut pas.
2. On peut voir le même fait constaté par Perceval de Boulainvilliers. (Voy. la Paysanne et Plnspirée, p. 245 et 542.)
de la victoire de Patay; il hésite après la reddition de Troyes et craint la résistance de Reims. La Vierge doit le traîner jusqu’à la basilique du sacre.