‹ La vraie Jeanne d'ArcChapitre 98 sur 296 · DAMES ORLÉANAISES · texte numérisé non relu

DAMES ORLÉANAISES

précédentes et ajoute : Je me rappelle avoir vu et entendu un jour un grand seigneur, qui, en se promenant en pleine place, s’échappa en vilains jurements et reniements de Dieu. Jeanne le vit et Tentendit; elle en fat très émue; elle approcha aussitôt du seigneur jureur, le pril au cou* en disant : « Ah ! niailre ! Osez-vous bien renier Notre-Seiyneur et notre maître? En nom Dieu vous vous en dédirez avant que je parte (fici, » J'atteste pour l’avoir vu que ce seigneur exprima son repentir, et se corrigea sur les exhortations de Jeanne.

7. Pétronille, femme de Jean Beauharnais, âgée de cinquante ans ;

8. Massée, femme d’HENRi Fagone, âgée aussi de cinquante ans, rendent l’une et l’autre un témoignage identique à celui des précédentes.

Le témoignage qui va suivre a été reçu à Paris. Nous avons entendu déjà le mari.

9. Colette, femme de Pierre Millet, greffier des élus de Paris, cinquante-six ans. Ayant prêté serment devant nous, archevêque sus-nommé (l'archevêque de Reims), en présence de F. Thomas et du greffier, le il mai 1456, elle a été examinée, et aux questions qui lui ont été posées, elle a répondu ainsi qu’il suit :

La première connaissance que j'eus de Jeanne fut lors de son arrivée à Orléans. Elle descendit dans la maison de Jacques Boucher, et c’est là que j’allai la voir. Elle ne cessait jamais de parler de Dieu*, disant : Messire ni' a envoyée pour secourir la bonne ville d'Orléans,

Je l’ai vue plusieurs fois à la messe, elle y assistait avec la plus grande dévotion^, en bonne chrétienne et catholique qu’elle était.

Lorsqu’elle vint à Orléans, pour en faire lever le siège, la veille de l’Ascension, elle dormait dans la maison de son hôte Jacques Le Bouchier, lorsque, s’éveillant tout à coup, elle appela son page, nommé Mugot, et lui dit: « En nom Dé (Dieu), dest mal fait. Pourquoi ne pas m'avoir éveillée plus tôt ? Nos gens ont beaucoup à faire, » Elle demanda ses armes, se fit armer, son page lui amena son cheval ; elle y monta tout armée, la lance au poing, et se mit à courir à travers la grande place, avec tant de rapidité que le feu jaillissait du pavé ; elle se dirigea droit à Saint-Loup; elle fit publier au son de la trompette que personne ne touchât à rien de ce qui était dans l’église.

Le jour où fut emporté le fort ou bastille du pont, le matin, alors qu’elle était encore à la maison de son hôte, quelqu’un lui apporta une alose. Jeanne, regardant le poisson, dit à son hôte: « Gardez-la

Cepiteum per coUum.

2. Quæ Johanna semper et continué loquebatur de Deo, dicendo : etc.

3. Viditaudire missam cum maximd devotione. Ses larmes coulaient en abondance à l’élévation, nous a dit le chanoine Compaing.

jusqu à ce soh\ je vous amènerai un godon^ et rapasseray par-dessus le pont, » (Sic.)

Jeanne était très sobre dans le manger et le boire. Sa conversation, sa tenue, son maintien respiraient Thonnêteté. Je crois fermement que son fait et ses œuvres étaient œuvres de Dieu plus qu’œuvre d’homme ^

Je ne sais rien plus, a-t-elle répondu à nos questions.

(Aux dépositions de ces neuf honorables bourgeoises d’Orléans, ajoutons celle d’une grande dame qui vit la Libératrice de très près, quoique ce ne fût pas à Orléans, mais h Bourges.)

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