VIII AVANT-PROPOS
cas, contrôler suffisamment la fidélité de notre interprétation. Ce livre, en effet, n'a pas pour but de l'initier à l'œuvre de Pascal ; il est une tentative pour en instaurer la structure purement logique. Ajoutons que les mêmes Pensas y sont citées parfois en divers chapitres, quand cette répétition a paru nécessaire. Le lecteur voudra bien nous pardonner d'autres redites que nous aurions évitées si l'ouvrage eût été écrit tout d'un trait; les supprimer après coup nous a semblé moins profitable à la forme de l'ensemble que nuisible à la clarté des chapitres à retoucher.
Il nous reste du grand penseur, sur des sujets très divers, outre les Provinciales, plusieurs écrits différents : traités, lettres, opuscules, morceaux, notes, dont une partie constitue ce qu'est aujourd'hui le recueil d'Ernest Havet intitulé Pensées de Pascal. Quand on ne retient de tous ces écrits que les matériaux exploitables à titre d'arguments dans une démonstration logique de la vérité du christianisme, quand, par suite, on élimine du groupe des Pensées, même exclusivement religieuses, celles qui sont seulement édifiantes sans être probantes, et enfin de ce reliquat celles qui, pour le sens, ne font qu'en reproduire d'autres, le demeurant, ce sur quoi nous avons travaillé, représente un nombre de fragments moindre qu'on ne serait tenté de le croire, mais suffisant pour construire un édifice de preuves cohérent et imposant.
Bien que l'auteur de cet essai n'ait pas persévéré dans ses premières croyances, dans ses premiers actes de foi irréfléchis, son ouvrage pourra être lu sans aucune prévention par les chrétiens demeurés fidèles à leurs églises respectives. Notre unique mobile, en effet, a été le phiisir intellectuel de faire concorder le plus et le mieux possible toutes les idées, tous les sentiments de