‹ La vraie source du mal ou Encore la question de l'Université Laval [microforme]Chapitre 9 sur 9 · PSN OR SP PRET · texte numérisé non relu

PSN OR SP PRET

honnêtes de notre siècle jusqu'à maudire le christianisme lui-même. S'ils regardaient bien, ils verraient derrière ce masque quelques belles âmes, mais faibles et timorées, ayant peur de toute division, de toute dissidence extérieure, parce que de tout temps on leur a inculqué le faux principe d'unité extérieure trompeuse comme étant le signe essentiel de la vraie religion. S'ils regardaient bien ils verraient tout à côté de cette unité factice de florissantes églises, de puissantes dénominations, riches en piété et en bonnes œuvres chez eux, dont les œuvres missionnaires en pays païen sont admirables par leur pureté relative et leurs grands succès, et qui lentement, mais sûrement, par une culture générale et chrétienne, toujours plus large et plus haute, s'acheminent vers la grande unité d'adhésion spirituelle qui sera l'Eglise de l'avenir, Mais, peur ou non, la division est arrivée en plein cléricalisme, force est bien de le reconnaître. Toujours il y a eu des hommes mondains qui ont recouvert leurs mauvaises passions du masque de la religion, et ceux qui du dehors ont bien regardé savaient que ce n'était pas là la divine figure du christianisme. Ce masque, de hardis incrédules le déchirent aujourd’hui, on va voir enfin ce qu’il cache. Cette parole du Mañest en train de s’accomplir: “Il n’y a rien de si secret qui ne doive être connu, ni rien de si ca-

ché qui ne vienne en évidence.” (Luc VIII, 17.)

Le confessionnal lui-même sera déserté un jour quand on saura bien à ouoi surtout il sert; et quand la femme religieuse sera assez instruite dansla religion vraie du Christ pour comprendre et sentir que la torture qu'elle inflige à sa pudeur n’est pas plus nécessaire à sa religion, quelle n’est agréable à son mari, si agréable que cela puisse être d’ailleurs au prêtre qui aime tant savoir les secrets de la belle dame et à dominer dans la famille des autres, lui qui n'a point de famille, les catholiques romains auront fait un grand pas sur la route de l’éinancipation. Car la femme restera religieuse,c'est Dieu qui l’a voulu et puisqu'il en est ainsi, le plus incrédule des maris trouverait son intérêt à ce que sa femme eût la religion la plus pure possible,

Ce n’est pas le christianisme, ce n’est pas la religion de Jésus-Christ qui est à ensevelir ; elle est encore vivante, puissante et sainte comme toujours, pour ceux qui en vont chercher le principe daus l'Evangile, et “qui adorent Dieu en esprit et en vérité.”

La brochure dit : “Ce n’est pas notre faute si l'autorité religieuse se divise” Au contraire, c'est bel et bien votre faute à vous catholiques romains, car c'est vous qui vous êtes laissé imposer l’idée d’une autorité religieuse, qui l’avez toujours postulée comme condition nécessaire à

la certitude d’être dans la vérité, et qui parfois l'avez imposée à d’autres.

Au lieu de chercher la vérité religieuse où elle se trouve, à savoir dans la révélation chrétienne, et que chacun, savant et ignorant, comprendrait dans la mesure où 1l en est spirituellement capable, vous vous obstinez à la faire décréter par une autorité ecclésiastique. Et cette autorité ecclésiastique vous la trouvez divisée, déchirée au XIVième siècle, non plus seulement entre des prêtres et des évêques, mais entre des papes qui s’a nathématisent de Rome à Avignon et d'Avignon à Rome.

Sans nous attarder à en montrer d’autres nombreux exemples à travers les siècles, on trouve cette Eglise divisée ici au milieu de nous, entre évêques et archevêques du Canada, qui en sont à se dire de gros mots. Et voilà les constructeurs et les destructeurs de cette nouvelle tour de Babylone, qui ne peuvent absolument pas s'entendre entre eux, et qui du haut de leur édifice qui ne peut attendre au ciel, ne cessent encore de crier aux sectes protestantes: “ Vous êtes désunis, vous ne croyez pas tous la même chose, donc vous êtes dans l'erreur, donc vous n'êtes pas la vraie Eglise.” Si cela n’était un si triste spectacle, ce serait bien ridicule. Il sera donc toujours vrai qu'on voit mieux le fêtu dans

l'œil du frère, surtout du frère séparé, que la ô

poutre dans le sien !

Les protestants ont généralement trop de culture, et une connaissance trop approfondie de Ja diversité des opinions possibles sur un même dogme, des différences de vues et de pratiques déjà distinctes dans l'Eglise apostolique, il sont trop convaincus que les hommes les plus chrétiens ne peuvent avoir qu’une connaissance relative de la vérité absolue, même religieuse, pour rêver une Eglise unie et uniforme au milieu des hommes... Ils acceptent cette modeste confession du grand apôtre des Gentils :

“ Nous ne voyons qu’en partie obscurément (1 Cor. XII, 9-12.) Et les meilleurs d’entre eux s'efforcent de mettre en pratique le précepte du même apôtre : “IL faut marcher suivant une même règle, dans les choses auxquelles nous sommes parvenus, et avoir üne même pensée.” (Phil. ITL 16.)

La brochure dit encore que les vrais chrétiens “ s'attachent à la doctrine sainte de l'Eglise, et pratiquent les vertus qu’elle commande”.Page 18. À quoi nous ajouterons que s'ils peuvent le faire une fois sans la direction des chefs ecclésiastiques, ils le peuvent toujc trs.

Mais d’abord, il faudrait savoir ce qu’elle est et où elle est cette doctrine sainte de l'Eglise, puisque les papes d'Avignon et de Rome s’en disputent la possession, et que les évêques de la

province de Québec se querellent entre eux au sujet d’une décision du tribunal infaillible de Rome. ŒEn tout cas, ce n’est pas en vertu de l'autorité que la vraie Eglise pratique ces vertus et s'attache à la doctrine sainte, puisqlie l'on ne sait pas où est cette autorité. Ce doit donc être en vertu de son sens intime de la vérité divine, que le plus simple chrétien peut avoir aussi bien qu'un évêque, un cardinal ou un pape. Quand des catholiques ont à choisir entre les opinions diverses des évêques ou des papes,il nous semble qu'ils pourraient tout aussi bien choisir pour eux-mêmes entre la vérité et l'erreur religieuse à leur source que de les démêler lorsquelles ont reçu des affluents de toute sorte pendant des siècles.

L'auteur ajoute: ‘“ Mais les bons catholiques de ce pays sont convaincus que Rome a été trompée.” Îl faut admettre que cette conviction renferme bien des choses. Mais ce sont aussi de bons catholiques qui professent d'avoir gagné leur cause à Rome.

Monsieur Trudel peut bien dire, dans son plaidoyer, qu'il reste bon catholique, tout en voulant en appeler d'une décision finale du saint Siége, aux tribunaux civils Mais son affirmation ne prouve rien. S'il ne se soumet pas à la décision finale de Rome, il n’est pas un bon catholique — il n’est point catholique ro-

main du tout. Il peut avoir cent fois raison au . point de vue de la loi de la raison, de la science, de la conscience m&:. >, mais au point de vue catholique romain il à tort, il renie son principe si hautement affiché d'ultramontansime. Quand . on est ultramentain, il faut être conséquent, se soumettre à l'autorité infaillible que l’on à tant prônée. Si c’est une autorité qui se laisse mal renseigner, qui peut être trompée, ce n’était pas la peine de la faire infaillible. Elle est tout au moins inutile. Un tribunal quelconque pourra prononcer aussi bien que celui-là, si on ne le trompe pas ou s'il ne se trompe pas lui-même.

Est-il bien vrai que cet état de choses et des esprits va rester encore bien longtemps comme nous le voyons ? Faut-il donc faire son compte que des hommes. instruits, éclairés, honnêtes vont continuer de porter ce joug avilissant comme s'ils étaient des ignorants, et comme s’il n’y avait pas moyen de s’en défaire, et comme s'il n'était pas possible pour eux de marcher dans la glorieuse liberté des enfants de Dieu ! Ah! nous savons bien que les femmes qui sont élevées au couvent ont la piété conventuelle, même dans leur famille, cette piété toute embarrassée de superstitions. Nous savons bien aussi que beaucoup de nos hommes instruits .

sont plus ou moins incrédules et que ces deux courants-lh restent séparés dans les familles, de

génération en génération, au sein même du ca-: tholicisme. Un côté de la famille croit trop et. l’autre trop peu. Il y a pourtant au milieu de: cela, comme à tant d'autres choses, le milieu du. vrai. Et ce milieu c'est l'Evangile qui le rernplit. C’est l'Evangile bien étudié, bien compris, éternel et divin dans son essence qui est le lien. le plus raisonnable et le plus fort, au sein de la famille et de l'Eglise. L'Evangile, le rayon de la raison suprême, la splendeur du vrai.

Nous avons dit que l'Eglise romaine, c’est-à- : dire surtout le clergé de cette Eglise, fonde sa: puissance sur la faiblesse des autres membres. Nous ajoutons qu'elle réussit surtout par l'audace: de ses affirmations et de ses prétentions, en s’arrogeant sur d’autres mortels une supériorité : qu'ils sont pleinement en droit de leur contester, . puisque ceux-ci ont tous les moyens d'avoir au- . tant de science et de religion que les premiers, Il est singulier que pendant si longtemps un si grand nombre d'hommes aient si faiblement cédé à d'autres un tel monopole. Eh bien ! ils le doivent surtout à ce fait que la masse des : hommes postulent comme première condition d’une religion vraie, d'une vérité absolue, une absolue connaissance de cette vérité absolue. Les apologistes du catholicisme se sont acharnés À essayer de prouver qu'en dehors de là, il n'ya point de sécurité pour l’âme. Donc, l'écrivain

qui a pour but d'établir une autorité infaillible qui donnera une pleine certitude, commencera par ébranler les bases de toute certitude personnelle qui ne repose pas sur cette autorité.

De cette manière le scepticisme absolu devient le fondement de la certitude absolue. Vous n'êtes pas sûr de pouvoir nager, on: vous jette violemment à l’eau, avec la bonne intention de vous repêcher pour vous remettre en sûreté dans la barque de saint Pierre, c’est-à-dire du pape. Mais si par hasard vous vous noyez ?

Alors tant pis, c'est la faute de votre scepticisme.

Combien il en est, en France et ailleurs, qui ont péri dans ces ondes-là ! C’est surtout Lamennais, ce. brillant écrivain, qui a fait de ce procédé de raisonnement un usage paradoxal. Puis — puis il à écrit plus tard “Les affaires de Rome” —une page qui se répète aujourd'hui qui ont-montré À. nu ce que c’est que l'autorité infaillible. Le

consentement universel dont il voulait faire le :

critère infaillible de la vérité, il en a totalement abandonné l'idée plus tard, parce qu'il ne l’a pas trouvée réalisée ; il est mort en refusant les services de tout-représentant de l'autorité infaillible ; et alors il a dû se rabattre sur sa foi personnelle,

sur sa conviction des vérités religieuses ‘qui lui :

paraissaient admissibles. C'est-à-dire finir par

où ilaurait dû commencer, admettre d'emblée :

qu’il y a parmi les hommes les plus honnêtes des -

diflérences et des degrés dans la connaïssance de Ja vérité religieuse telle que révélée par Jésus- Christ et transmise aux fidèles par quelques disciples qui ne se sont jamais cru infaillibles, ni individuellement ni collectivement, et que l'on s'approprie plus ou moirs, mais toujours d’une manière relative, cette vérité absolue. Le consentement universel sur un corps de doctrine, il n’a jamais existé qu'à l’état d'aspiration, de desideratum ou de théorie intellectuelle, il sera peut-être un jour un glorieux résultat sur la terre pour toute la chrétienté ; mais ce ne sera jamais au moyen du principe ou du dogme d’autorité. . Enfin, que sont-ils ces hommes qui se posent comme les dictateurs du vrai et du faux ? Ont-ils, eux, d’autres moyens d'arriver à la certitude religieuse que les autres hommes ? Ils veulent me faire douter des procédés de mon intelligence, est-ce par hasard que la leur est surhumaine, angélique, d’une autre nature enfin ?

Alors il n'y aura pas moyen de nous entendre. Ils ont recu l’ordination, soit, mais ce sont les hommes qui leur ont donné cela, et cette ordination ne confère pas nécessairement le Saint- Esprit. C'est Dieu qui le donne, qui le donne à tous ceux qui le lui demandent, à dit Jésus- Christ. (Luc XI, 13.)

Lui le donne à des hommes à qui les hommes mitrés le refuseraient, et le refuse souvent à

ceux que ces hommes consacrent, “ car l’Esprit souffle où il veut,” a dit le Maître qui l'avait reçu, lui, sans mesure, Mais ici nous avons affaire à des hommes qui, avec un aplomb imperturbable,apparemment du moins professent avoir le monopole du Saint-Esprit. Si par hasard, et par malheur en certain lieu, on s’avise de leur vontester ce privilége exclusif, alors vous êtes des orgueilleux qui ne voulez pas vous soumettre, des factieux !

“La grande accusation (a dit Lamennais) contre quiconque refuse une soumission pleine et aveugle à l'autorité ecclésiastique, est l’accusation d’orgueil. Nous commandons, et vous n'obéissez, pas, orgueil ! Nous disons: croyez, et vous ne croyez pas, orgueil.” Et ces hommes qui commandent, ils sont modestes, eux ! C’est par humilité sans doute qu'ils nous prescrivent d’obéir a leur autorité, qui est l'autorité divine ; il faut que je la craie, parce qu'ils me le disent ! Ilest admirable que ce système-là ait duré si longtemps et qu’il se tienne encore debout quelque part.

En tout cas, bien qu'il ne soit pas répudié par les catholiques de la province de Québec, ils doivent être bien embarrassés de savoir, pour l'heure, à qui il faut obéir.

Il est bien possible que par amour de la paix, que par la crainte du qu’en dira-t-on, que pour

Al

‘sauvegarder des intérêts matériels, on laisse faire bien des choses qui répugnent et qui humilient. Il est certain que l’on ne reste ou que l'on ne dévient un homme moral que quand on ‘a assez d’héroïsme pour soutenir des convictions personnelles. Il sera longtemps vrai que, à l’instar du Maître, le christianisme apportera; non la paix, mais l'épée qui tranche dans le mal et les fausses notions religieuses — qui allume un feu purificateur : | Il'ya des compromis et des paix qui coûtent trop cher: Et si l'on n’a pas dé la religion pour sbi, les autres nous imposent la leur, celle qu’ils professent du moins, ou l'inposent à nos enfants. Il est des intérêts qui dépassent les limi- ‘tes de ce monde, il ne faut jamais les remettre entièrement aux soins des autres, qu'ils soient ‘prêtres, évêques ou ministres; car le maître de la vie nous demandera à chacun, un jour, ce que “nous avons fait de notre talent. Il nous sera dit : “Rendscomptedetonadministration"{Luc XVL.2.) C’est: à ce tribunal-là, le seul infaillible, que nous donnons reñdez-vous à ceux qui se disputent avec tant d'acharnement le privilége d'instruire à leur façon les futurs chefs de “notre peuplé, et de dominer sur les consciences avec les formes d'un culte suranné, chargé de superfétations croissantes, et de doëtrines toujours plus

En attendant cette heure solennelle, il nous semble qu'il en a sonné une pour les peuples catholiques romains et pour le nôtre en particulier, l'heure où ces manigances ecclésiastiques et le culte matériel en vogue seront jugés par le tribunal de l'opinion publique dont une partie, au moins, doit être assez éclairée pour cette haute magistrature. L'Eglise orthodoxe a autrefois condamné le mysticisme de Fénelon, mais au moins l'archevêque de Cambray préconisait un culte éleyé, spirituel, mais l’Église romaine de nos jours, la portion de cette Eglise qui se dit expressément orthodoxe, sanctionne ce culte charnel, grossièrement idolâtre qui envahit toujours ses églises. Il n’y est plus du tout question d'adorer le Père en esprit et en vérité, comme le voulait Jésus-Christ. On adore le cœur matériel de Jésus et de Marie. . Cela devient une espèce d'insanité. Il n’y a pour s’en convaincre qu’à lire la liste de ces ouvrages publiés dans certains journaux de notre ville. Nous ne donnerons que quelques-uns de ces üitres, par exemple: Le sacré cœur de l’homme-Dieu. —- Le scapulaire du sacré cœur de Jésus. — Ligue du sacré cœur de Jésus. — Mois du sacré cœur de Jésus.— L'apostolat du sacré cœur de Jésus. — De la dévotion au sacré cœur, etc, etc.

Mais ce qui est encore plus écœurant, c’est le culte à Marie dont on divise aujourd'hui les

membres et les viscères pour les adorer séparémént, On adore son cœur, cela va sans dire, on adore sa tête, on adore ses mains, on adore ses pieds; puis on remonte, on adore son eou, sa poitrine, et l’on redescend : nous avons vu un petit livre dans une vitrine de la rue Bonaparte, à Paris, ayant ce titre : “ Adoration aux saintes entrailles de Marie.” |

Il semble parfois que le temps d'une réaction du bon sens et de la conscience éclairée par l’Evangile ne peut pas être éloignée. Ce ne sont päs lés ecclésiastiques qui ramèneront le peuple à un culte raisonnable et vraiment chrétien ; ils n’en sont pas capables, embarrassés qu'ils sont dans les mailles dont ils ont enveloppé les autres. Encore aujourd'hui, comme du temps de Jésus-Christ, il y a des docteurs qui,ont la clef de la science — de la science religieuse — qui n’éntrent point, qui restent dans le vestibule grossier de ce temple saint où règne l'esprit de Dieu, et qui empêchent les autres d'y entrer. Le christianisme qu’ils enseignent et qu'ils professent est trop superficiel, trop mondain, trop mijauré pour atteindre le fond des âmes, et pour se risquer de les placer franchement en la présence de Dieu. Toujours ils s’interposent entre Dieu et l'âme, et lui voilent le divin.

Leur confessionnal agit trop fâcheusement sur eux, les rend trop sceptiques sur le compte de la

moralité humaine pour leur laisser: dans l'âme assez de foi. pour croire à une rénovation profonde de l'humanité. Ils s'inoculent là le virus dont ils professent de : guérir l’Ââme des au-

tres, et ils ne sentent pas combien la leur en

est: énervée et souillée parfois. , Du: reste, ils

sont trop confortablement établis dans. leurs ri-: ches cures pour penser sérieusement À la pau-

vreté.spirituelle de leurs. paroïssiens ; ils sont

trop agréablement chätouillés dans leur orgueil. clérical, que le peuple continue à saluer. dans la

soutane, pour renoncer à cette supériorité : de.

caste. Ce serait par trop descendre. que de s’habil-

ler et de vivre comme tout le monde, et en par- .

ticulier comme autrefois Jésus, de Nazareth ;:

n'ayant pour toute distinction que l'autorité de .

la vérité et de la spiritualités, .De nos jours, ils semblent n'avoir qu'un souci, c'est celui de do-: miner toujours plus au moyen de la femme. .

Voilà pourquoi les couvents de toute espèce.

écrasent nos villes, et vont s'installer auprès de :

tous les presbytères de campagnes pour aider :

aux curés à populariser toujours plus une fa- .

dasse mariolatrie.

Ces énormes constructions, co the de she. :

nes, sont le symbole le plus frappant de la gran-.

deur du prêtre et de la petitesse des autres Rom:

mes où l'esprit clérical domine,

Deux partis ecclésiastiques luttent en cette

ville chacun avec des partisans oui ne sont que des comparses, pour avoir la direction de l’enseignement universitaire. Est-ce donc bien par amour d'entretenir le peuple dans une science large, libérale et philosophique ? Pas plus qu'on y construit de nombreuse s églises et une cathédrale pour y.prèr her l'E ansile dans sa pureté, et.telle doctrine qui en sort aussi vaturellement que e la branche sort de l'arbre, et la fleur et le fruit de la branche, Ce qu'on veut y enseigner toujours plus au peuple, c'est la suprématie du clergé, et ainsi préparer une réaction comme celles qui portent un Paul Bert au ministère de l'instruction publique, ou tel matérialiste au ministère des cultes.. C'est ainsi qu'en pays latin surtout, et catholique, la pauvre humanité n’avance qu'en zigzag, poussée tantôt par un extrème, tantôt par un autre. On procède par révolution et non par évolution. Il n’y a pas assez d'âmes éclairées et franches pour permettre le progrès en ligne droite. Chacun veut se ménager la chance d’une chère réaction À son tour.

Les prêtres préfèrent. cent fois avoir affaire avec des inerédules, avec des. matérialistes dont ils confessent les. mères, les femmes et les filles, qu'à des protestants religieux qui s’efforcent honnêtement de comprendre l'Evangile aussi bien que possible et de mettre en pratique ses divins préceptes, dans l'esprit du Maître,

Les évêques de la province de Québec nous ont donné il y à quelques mois la preuve nette et claire de ce que j'avance ; ils ont défendu aux cotholiques de ja:nais assister, sous aucun prétexte, pour aucune raison, aux services religieux des protestants, voire même aux services de funérailles. Il paraît donc que ce wcntact est très dangereux, même en présence d'un cercueil. Là surtout, paraît-il, car parfois on y lit avëét solennité et émotion quelques sublimes paroles de l'Evangile sur le grand espoir chrétien de la résurrection, en anglais ou en français, pour ceux qui ne savent pas le latin.

De l’autre côté, les incrédules qui se disent libres-penseurs, aiment aussi mieux avoir affaire aux prêtres cathoïiques qu'aux ministres prôtestants. Ils trouvent ceux-ci plus libéraux, plus larges dans leurs vues religieuses, plus rationnels, mais beaucoup trop rigides, sinon en fait de dogme, du moins en fait de morale, car eux ils r’énseignent guère qu'il est avec le ciel des accommodemients. On se demande jusqu’à quand des hommes de quelque insiruction, avec quelque sentiment de leur valeur ct de leur dignité personnelle, avec une conscience à eux, que dans telle affaire ils ont cu.istaté 6tre au-dessus de la conscience cléricale, vont supporter l’arrogance de certains hommes parce qu'ils ont erdossé une soutane noire, blanche, violette ou écarlate,

En aucune autre sphère de l'intelligence et du savoir, ils ne leur accordent ce monopole. Pourquoi leur laisser croire qu'ils l'ont ? Simplement parce qu’ils disent qu'ils l'ont ? Tout bomme intelligent et instruit peut avoir une conception aussi nette de l'Evangile qu’un prêtre ou un évêque ; et quan’ au Saint-Esprit, à l’esprit divin qui soufflé où il veut, a dit Jésus, le clergé n’en a p": le monopole, non plus.

Il iaudra que nos hommes instruits subissent cette avilissante dominationaussilongtemps qu'ils n'auront pas le couragede mettre l'Evangile entre les mains de leurs femmes qui resteront religieuses malogréeux,sous une forme ou sous une autre, et qui sont faites pour le comprendre même avec une intuition plus vive et plus profonde. Il leur faudra subir la domination cléricale, supporter leurs querelles de clocher, leurs incessants appels à Rome, comme si jamais Rome pouvait savoir mieux que nos hommes instruits ici ce qui peut nous convenir, tant qu'ils ne se seront pas débarrassés de ce fantoche d'autorité que chacun invoque au secours de ses ambitions.

Comme nous terminons ce travail il paraît une nouvelle brochure à propos de la question Laval, dans le même esprit que celle que nous avons trop longuement commentée. Celle-ci à pour titre : “ La source du mal de l’époque en Canada.” On ne s’y gène pas plus que dans l’autre de par-

Le

ler de la fourberie, des mensogges, de la calomnie dont certains prêtres et évêques se servent

pour tromper la cour de Rome. Cette brochure

vient d’encourir de la part des évêques la même interdition que l’autre,

Qui donc, après tout cela, osera nous ri de cette unité et de cette autorité sainte dans le

‘catholicisme ? On s’y dévore à huis’clos. Et

voilà tout. Combien le protestantisme, avec ses imperfections et ses intirmités inhérentes, à

la nature humaine, est supérieur, dans sa glorieuse et réelle liberté, À cette fallacieuse protfes-

‘sion d'unité! Lui, en plein air, sous le ciel de

Dieu reconnaît ses diversités, les ‘regrette; et chez lui les hommes marquants travaillent. dans un même esprit à l'avénement d’une unité plus

‘haute, où ils convient tous leurs frères. Ils ne . disent pas dans leur arrogance : frère, il faut que tu croies ceci ou cela, mais frère, tu es mori frère ‘en Jésus-Christ ; quand même nous ‘ne le:com-

prenons pas lui et sa doctrine exactement.de là même manière; en nous rapprochant l’un: : de l'autre et de lui, nous verrons de p'us en plus disparaître nos différences, Aidons-nous à mieux comprendre et à mieux pratiquer la ‘parole’ divine. Ainsi nous nous rapprocherons duPère Eternel qui regarde avec amour et approbation ceux qui s'aiment, et s'aident en montant, mais avec une douloureuse pitié ceux qui se. chicanent. ., ce vuon

“THéopore LAFLEUR, ‘:°::

ne. CU LL.

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